Rencontre avec… Michel Hideux, directeur général du courtier en réassurance Aon Benfield

« Solvabilité II n’a pas engendré un mouvement d’achats significatifs »

le 06/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Le secteur de la réassurance est-il en excès de capacités ?

Nous constatons une légère progression des capacités sur un marché toujours compétitif. Toutefois, les premiers indicateurs montrent une certaine stabilité des prix qui s’accompagne d’une augmentation des expositions, d’où techniquement une légère baisse des tarifs. En outre, sur les douze derniers mois, nous avons vu de nouveaux entrants susceptibles d’apporter de la capacité supplémentaire. En revanche, la perspective de Solvabilité II n’a pas engendré un mouvement d’achats significatifs de réassurance chez nos grands clients sur le marché français. Les réassureurs espéraient que ce soit un relais de croissance mais les reports successifs de la réforme ont créé de l’attentisme.

Comment évolue le marché de la titrisation ?

Après la bonne progression des émissions nouvelles en 2010 et le tassement de 2011, nous constatons une contraction en 2012, notamment en raison du coût encore relativement élevé de la titrisation et des obligations « catastrophes » (cat bonds) en particulier. Cette technique ne prend pas l’ampleur espérée. C’est un outil de couverture encore significatif pour les zones exposées comme les Etats-Unis. Mais sur les marchés européens, la titrisation ne prend pas réellement, malgré l’intérêt des assureurs pour la connaissance de ce type de produit, afin d’être prêt en cas de retournement significatif du marché.

Les cédantes peuvent-elles accepter des hausses tarifaires ?

Il est difficile pour les assureurs de répercuter dans leurs tarifs les coûts de la réassurance. Nous sommes donc dans une logique de discussions très fortes entre assureurs et réassureurs. Les assureurs font de plus en plus jouer la concurrence. Pour autant, la rétention n’est pas l’arme la plus utilisée, cette pratique étant restée stable entre 2011 et 2012. La situation est tendue pour les assureurs en raison de la crise, ce qui n’est pas neutre en termes de rendements de leurs actifs. Les cédantes ont donc une gestion prudente de leur rétention.

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