Rencontre avec… Jean-Christophe Pasquier, directeur de l’unité Groupes multinationaux chez Aon Benfield

« Solvabilité 2 constitue un relais de croissance pour les réassureurs »

le 19/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment évoluent les tarifs sur le marché français de la réassurance ?

Le marché est en surcapacité sur les risques tempêtes, et les cédantes (les compagnies d’assurances, NDLR) peuvent donc s’attendre à des baisses de tarifs. L’an dernier, nous avions constaté une diminution de près de 2 % des prix purs. En 2013, les tarifs subissent une forte pression alors que certains grands assureurs européens ont centralisé leur réassurance. Résultat, le volume de primes sur le marché se contracte et les réassureurs peuvent être prêts à consentir des baisses de prix de 5 % à 10 % sur les couvertures tempêtes. En automobile, nous estimons que les tarifs devraient rester globalement assez stables.

Notez-vous une évolution dans la politique de rétention des assureurs ?

Vu le contexte baissier des prix, les cédantes auraient tort d’augmenter leur niveau de rétention. Par ailleurs, les assureurs ont tendance à acheter de plus en plus en capacités en perspective de Solvabilité 2. D’ailleurs, il est clair que Solvabilité 2 constitue un relais de croissance pour les réassureurs car cette réglementation oblige les compagnies d’assurances à être mieux couvertes. De fait, depuis déjà un certain temps, les assureurs se tournent davantage vers la réassurance, d’autant que les prix sont particulièrement peu chers. Surtout, les assureurs savent de mieux en mieux maîtriser leurs engagements et donc leurs besoins de réassurance.

L’essor des capitaux alternatifs a-t-il un effet sur le marché français ?

C’est un sujet dont on parle beaucoup et les cédantes et les courtiers ont parfois agité le chiffon rouge devant les réassureurs. Il est indéniable que ces solutions alternatives existent mais elles représentent seulement 15 % des capacités mondiales sur les risques catastrophes naturelles. Sur le marché français, peu d’acteurs les utilisent. Vu la surcapacité et les prix intéressants de la réassurance traditionnelle, les assureurs français n’ont pas besoin d’y recourir.

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