Dossier IT dans l'asset management

Les sociétés de gestion face à la révolution du LEI

le 03/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Le « legal entity identifier » est en bonne place parmi les dossiers à traiter en urgence par les DSI de la gestion d'actifs.

Ce petit code alphanumérique de 20 caractères n’a pas fini de faire parler de lui. Le LEI (legal entity identifier), qui sera attribué en France par l’Insee à toute personne morale intervenant dans une transaction financière, ne se contentera pas de sécuriser et de tracer les échanges. Il modifiera aussi en profondeur l’architecture des systèmes d’information, comme le confirme Jean-François Poulnais, directeur des référentiels d’Amundi. « Pour figurer dans tous les flux émis lors d’une transaction ainsi que dans notre 'reporting', le LEI doit être intégré à l’ensemble de nos référentiels émetteurs, ainsi que dans nos bases clients, produits et contrats. Ce projet se révèle très structurant pour notre système d’information. » Chez Edmond de Rothschild Asset Management (Edram), le dossier a été traité en mode projet, avec en première ligne les équipes de la Maîtrise d’ouvrage et projets, du Service clients et du Juridique. « Nous avons commencé par passer en revue l’ensemble de nos 'process' métiers et systèmes d’information, en intégrant aussi dans notre réflexion les évolutions réglementaires imposées par AIFM et Emir, explique Benoît Durand, directeur du service clients d’Edram. Ce n’est qu’après avoir effectué ce travail de cartographie que nous nous sommes penchés sur l’intégration du LEI dans notre système d’information, sur la manière dont nous allions le récupérer, et comment nous allions pouvoir l’insérer dans nos messages de transaction et de 'reporting'. »

Plus complexe que prévu

Si l’intégration d’un nouveau champ dans une base de données ne présente sur le papier aucune difficulté particulière, l’ajout du LEI se révèle en définitive plus complexe que prévu car il touche à l’ensemble du périmètre opérationnel, et impose d'actualiser toutes les procédures de contrôle et de reporting. « Il faut l’intégrer dans toutes les briques du système d’information, mais aussi s’assurer en permanence qu’il est bien mis à jour et véhiculé à travers toutes les composantes du système, confie Cédric Le Moan, directeur Maîtrise d'ouvrage et projets d’Edram. Lorsque vous utilisez comme nous une plate-forme intégrée qui englobe l’ensemble du périmètre, la procédure est très simple puisque vous n’avez à saisir le LEI qu’une seule fois et à un seul endroit. C’est plus compliqué dans les architectures logicielles éclatées. Vous êtes obligés de modifier tous les référentiels valeurs et produits ainsi que les outils de back, front et middle-office, sans oublier le risque et le 'reporting', en vous assurant que le tout s’interconnecte bien. » Chez Amundi, ce travail d’intégration des LEI dans le système d’information est déjà achevé. « Nous sommes d’ores et déjà capables de réceptionner les LEI de tous nos produits, émetteurs et contreparties, assure Jean-François Poulnais. Reste maintenant à savoir comment nous les récupérerons. » Sur ce point, rien n’est encore véritablement fixé, comme le rappelle Cédric Le Moan. « Nous ne savons toujours pas comment l’Insee va nous communiquer nos propres LEI. Nous ne savons pas non plus si les fournisseurs d’informations nous les communiqueront sur les produits non listés ou si nous devrons nous connecter au Central Operating Unit (COU) qui hébergera l’ensemble des LEI émis à travers le monde. En sachant qu’une partie de l’alimentation ne pourra sans doute pas être automatisée. Pour les 'hedge funds', où il n’y a pas de flux, mais aussi pour les produits structurés et les fonds listés, nous serons probablement obligés de saisir à la main le LEI », conclut Cédric Le Moan.

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