Société Générale se rapproche des entreprises via les transactions

le 05/04/2012 L'AGEFI Hebdo

L’objectif est d’étoffer les équipes et d’intégrer les compétences sur les sujets de trésorerie et de commerce international, avec l’appoint de l’affacturage.

A défaut de disposer du bilan des banques, les entreprises peuvent tabler sur leurs offres étoffées de services. Société Générale, du moins, s’y emploie, selon l’objectif affiché par son programme « Ambition 2015 » sur l’efficacité opérationnelle et la satisfaction clients. Il s’agit, alors même que le crédit devient plus contraint avec Bâle III, de renforcer la présence auprès des entreprises sur des métiers qui apportent de la liquidité. Pour répondre dans leur ensemble aux problématiques du besoin en fonds de roulement des entreprises moyennes et grandes, le groupe a, au 1er janvier 2012, réorganisé ses métiers de transaction banking. Le pôle Global Transaction Banking (GTB) créé à cette fin recouvre le cash management (les flux de cash), les opérations de commerce international (trade finance), l’affacturage (via la CGA, Compagnie Générale d’Affacturage) et le correspondent banking (règlement-livraison du cash). « Chacun de ces métiers conserve ses équipes commerciales et ses produits mais avec un objectif de formuler des offres communes en direction des entreprises et des banques et de favoriser le fameux ‘cross selling’, explique Thierry Roehm, responsable trade finance chez Société Générale. Nous voulons ainsi offrir, par exemple, des solutions multiproduits couvrant les flux de paiement et les besoins de financement des postes clients et fournisseurs, tous besoins liés aux opérations commerciales à court terme des entreprises. »

La banque propose donc désormais une chaîne intégrée des services jusque-là dispersés entre les pôles moyens de paiement, trésorerie ou financement des factures. L’offre devrait d’autant mieux lier la banque à ses clients qu’elle met l’accent sur l’étranger. « Notre propos est avant tout d’accompagner les entreprises à l’international, pour les opérations de commerce international et de cash management, étant entendu qu’en France, le groupe veut également renforcer son expertise en région, a indiqué Robert Le Bourgeois, directeur adjoint corporate ‘cash management’ de Société Générale, lors du salon Universwiftnet le 22 mars. Nous voulons simplifier la vie du client, qu’il s’agisse de mettre en place les projets ‘cash management’ comme d’effectuer le suivi des opérations de paiement et d’encaissement, y compris à l’étranger, en apportant des réponses rapides et techniques. »

L’Asie représente assurément l’axe fort de ce développement et la banque a décidé d’y investir en moyens et équipes supplémentaires, particulièrement en « trade ». Les activités asiatiques vont ainsi être intégrées sur la plate-forme de traitement de crédits documentaires, exploitée en France et qui devient mondiale (France, Europe, Asie). En parallèle, le groupe explore les opportunités de développement dans le Golfe.

En pratique, les équipes locales vont s’intégrer davantage et compléter leurs compétences avec l’aide des spécialistes du groupe. « L’enjeu crucial est celui du ‘cash management’ domestique, socle de la relation client, rappelle Thierry Roehm. Ensuite, nos pôles d’expertise interviennent pour répondre à des besoins plus sophistiqués comme l’export ou les financements. » Réciproquement, les équipes locales sont chargées de faire bénéficier le reste du groupe de leur connaissance des marchés locaux, sur les usages et les risques pour les entreprises. De quoi constituer un maillage ramifié puisque les activités de cash management et de trade finance de Société Générale sont présentes dans près de 60 pays.

Un site web dédié

Une grande part de l’offre a trait en effet à l’information des entreprises désirant faire affaire dans les pays lointains. En juin dernier, le groupe a ainsi signé un partenariat avec Ubifrance, structure spécialisée dans l’aide aux PME qui veulent accéder à des marchés étrangers ou s’y implanter. « Nous allons mettre à disposition de nos clients, fin juin, un site internet (‘import-export solution’) pour offrir aux entreprises françaises un ensemble de services en lien avec le commerce international, annonce Thierry Roehm. Ils couvrent aussi bien des informations sur les marchés lointains, les pratiques commerciales locales, les opportunités d’affaires que les solutions bancaires d’accompagnement des courants d’affaires à l’international : ouvrir un compte à l’étranger, sécuriser les transactions commerciales, financer les importations ou exportations… » Etape suivante, « la refonte de notre gamme de financements à l’international est en préparation, poursuit-il. Nous allons l’annoncer avant la fin de l’année, notre volonté étant de proposer des solutions innovantes, pour le financement à l’export ou pour permettre à nos clients français importateurs d’obtenir des délais de paiement plus longs de la part de leurs fournisseurs étrangers ».

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