Dossier Les nouveaux entrants dans la finance

Le secteur bancaire britannique suscite des convoitises

le 09/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Les nouveaux venus placent la relation client et la transparence des tarifs au cœur de leurs stratégies.

Si la crise a favorisé l’émergence de nouveaux entrants, la publication du rapport de la Commission bancaire indépendante a validé la nécessité d’un surcroît de concurrence dans le secteur de la banque de détail britannique que se partagent Barclays, RBS, HSBC, Lloyds Banking Group et Santander. Depuis trois ans, les nouvelles initiatives ont misé pour se développer sur des valeurs négligées par les acteurs de la banque traditionnelle.

Lancée au cours de l'été 2010, Metro Bank axe sa politique sur l’importance du service clientèle : agences ouvertes sept jour sur sept, laps de temps minimal pour ouvrir un compte courant, délivrance immédiate de cartes de débit et de crédit, activités pour les enfants... « Il est difficile d’estimer à quel point l’insatisfaction du client britannique à l’égard des banques traditionnelles est importante, rapporte Anthony Thomson, cofondateur et président de Metro Bank, qui compte à l’heure actuelle dix agences dans la capitale britannique. Les clients veulent avant tout avoir une meilleure expérience en termes de valeurs et pas simplement de tarifs. » La banque, qui comptait 8.000 clients fin 2010, en revendique aujourd’hui 50.000 : « Mille nouveaux clients franchissent chaque semaine les portes de nos agences et notre taux de satisfaction clientèle est de 90 % », souligne Anthony Thomson. Metro Bank, qui a levé jusqu’à présent 127 millions de livres, va réaliser cette année un nouveau tour de table afin de soutenir sa politique d’ouverture de 200 points de vente outre-Manche d’ici à 2020. La rentabilité est attendue pour 2014, date à laquelle la banque vise une introduction en Bourse.

La philosophie du client-roi est aussi le leitmotiv de la banque suédoise Handelsbanken, qui dispose de 115 agences au Royaume-Uni. « Le processus de décision est dévolu aux responsables des agences qui décident d’octroyer des prêts aux clients avec qui ils sont sûrs de développer des relations sur le long-terme », décrypte un analyste du secteur. Entre 2009 et 2010, le bénéfice d’exploitation de cette banque, spécialisée dans les prêts personnels et immobiliers, a progressé de quelque 149 % au Royaume-Uni. Les performances d’Aldermore, lancée en mai 2009 sur le segment des comptes d’épargne, des prêts aux particuliers et aux PME, sont encore plus significatives. Soutenu par le fonds de capital-risque AnaCap et Morgan Stanley Alternatives, la banque, qui a ouvert 50.000 comptes d’épargne, est parvenue à l’équilibre en juillet 2011 à l'aide d'un modèle à bas coûts basé sur une distribution de ses produits en direct (internet, courrier et téléphone) ou au travers d’intermédiaires. Un nouveau tour de table à hauteur de 62 millions de livres en septembre dernier va lui permettre de financer la poursuite de sa croissance.

La revanche des acteurs établis

A côté de ces nouveaux entrants « pur jus », la crise financière a également aiguisé les appétits d’acteurs installés dans le paysage économique britannique. Virgin Money, qui vient de racheter le réseau de 75 agences de Northern Rock pour 747 millions de livres, table à la fois sur un design séduisant de ses agences - les lounges (salons) - et sur un produit digne de confiance : « Notre ambition est de créer des produits simples, sans mauvaise surprise à la clé, à l’image de notre suite de produits d’épargne lancés en début d’année, lesquels affichent un taux fixe quel que soit le produit sélectionné », explique Scott Mowbray, porte-parole de la banque. Banque responsable par excellence, Co-op Bank, qui a récemment acheté le réseau de 632 agences de Lloyds TSB au nez et à la barbe de NBNK Investments, peut désormais compter sur plus de 6 % de part de marché des comptes courants. Mais l’essentiel est ailleurs : « En tant que banque coopérative, notre approche est centrée sur la croissance d’un modèle durable au bénéfice de nos membres et non destiné à délivrer des retours sur le court terme pour nos actionnaires », rappelle Patrick Tooher, porte-parole de Co-op. Or Virgin Money comme Co-op pourrait se trouver confronté aux mêmes problèmes d’intégration rencontrés par TescoBank : les opérations bancaires du numéro un des supermarchés outre-Manche ont dû repousser le lancement de comptes courants et prêts immobiliers à mi-2013 en raison de problèmes de migration informatique suite au rachat par Tesco de sa participation dans sa société conjointe avec RBS. Une difficulté que ne connaissent pas les banques construites ex nihilo.

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