L'avis de... Jordi Fabregat, directeur du MBA en direction économique et financière à l’Esade Business School de Barcelone

« Se concentrer sur la croissance du volume de crédits »

le 31/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Le retour à meilleure fortune des caisses d'épargne est-elle une divine surprise ?

Cette amélioration des résultats des caisses d’épargne était attendue. Avec tout ce qu’elles ont vendu à la Sareb (la bad bank espagnole), elles se sont débarrassées de nombreux actifs. Il faut s’interroger sur la banque en général. L’an passé, le secteur a dû faire des provisions, à la suite des décrets du ministre de l’Economie De Guindos, pour les actifs immobiliers. Il reste maintenant à l’ensemble des banques espagnoles à provisionner les refinancements de crédits, ce qui ne sera pas aussi difficile. On parle de 5 à 10 milliards d’euros de provisions totales. Je crois que cela constituera le dernier tour de vis à un système qu’on pourra estimer complètement assaini.

Après l’assainissement, que va-t-il se passer ?

Il faut que les caisses d’épargne se concentrent sur la croissance de leur volume de crédits : sur leur activité bancaire pure et dure. Cela va être difficile, mais je crois qu’elles vont renouer avec des bénéfices, si minimes soient-ils. Leurs derniers résultats extraordinaires - liés à des ventes de participations - ne vont pas se répéter à l’infini.

La gouvernance sera-t-elle adaptée ?

Ecarter les hommes politiques de la gestion des caisses est sans aucun doute une bonne nouvelle. Les prêts qu’on octroyait par affinités politiques, c’est terminé. A présent, les décisions seront prises par des techniciens. Ce sera plus professionnel, plus technique. On peut dire adieu aux décisions politiques.

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