L'avis de... Jean-Marc Velasque, associé chez Velhon Partners

« Sberbank a d’ores et déjà atteint son objectif »

le 21/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Sberbank ne va-t-elle pas trop vite dans ses acquisitions ?

Elle en a les moyens financiers : c’est la deuxième capitalisation boursière d’Europe. Ses acquisitions ont débuté au Kazakhstan avec le rachat de la sixième banque locale en 2006, puis en Ukraine en 2007 et en Biélorussie en 2009. Mastodonte de la banque de détail en Russie, avec 27 % des actifs bancaires, le groupe s’est aussi diversifié en reprenant le leader russe du marché actions et numéro un en opérations de fusions-acquisitions, Troika Dialog.

A-t-elle une capacité d’intégration suffisante ?

Depuis début 2011, Sberbank s’est assuré les services de l’ancien président d’UniCredit, Alessandro Profumo, qui avait conduit le développement du groupe italien en Europe de l’Est. Elle a aussi passé un accord avec l’Insead pour former ses 500 top managers. Enfin, elle a une vision claire du marché turc, le deuxième d’Europe, où sera installée sa plate-forme informatique européenne. Bien sûr, il y a des risques d’exécution, notamment dans des pays éloignés culturellement ou dans des phases de fusion comme en Ukraine entre sa première filiale et celle de Volksbank International.

Est-elle plus internationalisée que d’autres banques russes ?

Certainement. Avec Denizbank, Sberbank a d’ores et déjà atteint son objectif de 5 % de résultats provenant de l’international. VTB, numéro deux russe en part d’actif bancaires (16 %), plus orienté banque d’investissement, doit pour sa part intégrer la Banque de Moscou et un groupe d’assurances rachetés en février 2011. A moyen terme, le marché russe devrait plutôt connaître une consolidation : sur 1.000 banques, les dix premières détiennent 60 % des actifs bancaires du pays.

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