L'avis de... Yoann Lhonneur, directeur associé de Devlhon Consulting

« Le savoir-faire d’un groupe bancaire européen est indispensable »

le 04/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Société Générale pourra-t-elle tirer parti de ses investissements en Russie ?

Si elle persiste dans la bonne direction, elle peut accroître la part de Rosbank dans ses revenus et dans ceux de son pôle « Banque de détail hors France métropolitaine » où la Russie pèse pour moins d’un tiers. Ce qui l’handicape aujourd’hui réside dans l’exécution. Le premier volet est commercial. Rosbank a bien optimisé son réseau, continuant à ouvrir des agences tout en réduisant le nombre de ses back-offices régionaux et ses effectifs, mais peut aller au-delà en termes d’efficacité opérationnelle. L’autre volet porte sur les corporates. La restructuration n’est pas encore allée assez loin : il lui faut développer le trade finance, le cash management, les dérivés… Société Générale dispose du savoir-faire, mais n’a pas encore complètement tissé les liens avec sa banque de financement et d’investissement.

Les entreprises constituent-elles une cible privilégiée ?

Rosbank a plus de 3 millions de clients particuliers et un coût du risque inférieur à 2 % (lorsqu’il était proche de 7 % en 2009). Elle enregistre une croissance de 12 % de ses encours de crédits, mais le reste des concurrents se situe à plus de 25 %. Elle doit encore intensifier l’équipement client de trois ou quatre produits à six ou sept, selon les normes « occidentales ». C’est sans doute plus simple que le développement d’une clientèle d’entreprises locales qui peut rencontrer des freins politiques. Toutefois, les sociétés russes s’internationalisent, se modernisent et ont besoin du savoir-faire d’un groupe bancaire européen.

Comment interpréter l’annonce d’un retrait de VTB du capital de Rosbank ?

VTB, la deuxième banque du pays, cherche à augmenter son propre capital et l’Etat est prêt à s’en désengager partiellement. En outre, VTB, comme Sberbank qui bénéficie d’une puissance héritée de l’époque soviétique tout en s’étant diversifiée, est mieux valorisée que Rosbank qui n’a pas atteint les objectifs escomptés, même si elle a des atouts pour réussir.

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