Rencontre avec Bertrand Corbeau, directeur général de la Fédération nationale du Crédit Agricole

« Le rôle du conseil d’administration est remis en cause »

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Le Crédit Agricole d’Ile-de-France a prévu 150 millions d’euros d’investissement sur trois ans et une recomposition de son maillage d’agences. Est-ce révélateur de l’évolution des caisses régionales ?

Le cas de chacune est spécifique. Les caisses régionales peuvent maîtriser leur organisation selon leur territoire dans un modèle décentralisé. Ensemble, avec Crédit Agricole SA, elles partagent néanmoins le goût de l’innovation au service du client. Depuis la mi-décembre, toutes ont migré sur la nouvelle informatique commune (Nice). Elles vont investir, en s’appuyant sur leur proximité, dans la relation clients. Leur modèle est résistant, avec 3,88 milliards de résultat en consolidant leurs filiales et les caisses locales, et elles financent 25 % de l’économie dans les territoires. Leur démarche commerciale à moyen terme sera présentée le 20 mars. En revanche, il ne faudrait pas que le prochain ratio de liquidité les contraigne dans le financement de l’économie.

De quelle marge de manœuvre disposez-vous ?

L’acte délégué de la Commission européenne, qui va définir les numérateur et dénominateur du ratio de liquidité instauré par le Comité de Bâle, est attendu fin juin. Selon les critères retenus, son impact sera plus ou moins important sur le financement de l’économie. Le système bancaire, qui a dû mettre en place Bâle III à marche forcée, aborde un moment crucial. C’est un des deux dossiers qui nous occupe, avec l’interprétation de la directive CRD 4 faite par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution sur les « dirigeants responsables ».

Celle-ci nécessiterait-elle une nouvelle gouvernance dans les caisses régionales ?

Pas dans la forme, mais elle remet en cause le rôle du conseil d’administration qui participe à la direction effective de l’établissement et de son président qui est le représentant des sociétaires. Nous ne voyons pas pourquoi CRD 4 modifierait cet équilibre qui fonde aussi le modèle coopératif.

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