L'avis de... Elisabeth Grandin, directeur services financiers chez Standard & Poor’s

« Le risque d’une guerre des dépôts revient à l’ordre du jour »

le 16/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Crédit Agricole prend aujourd’hui une posture tournée vers le client. Est-ce la bonne ?

Toutes les banques disent aujourd’hui à peu près la même chose concernant les clients et les risques. L’enjeu du projet de groupe sera de le transcrire de façon concrète, tout en se démarquant des concurrents. Dans la banque de détail en France, les menaces sont le risque d’une guerre des dépôts qui revient à l’ordre du jour dans un contexte particulier sur les liquidités et les négociations autour du Livret A, la pression consumériste ravivée notamment par le rapport Constans-Pauget et une éventuelle reprise de la concurrence au travers des crédits immobiliers.

Quels points surveillez-vous chez Crédit Agricole SA (CASA) ?

Il y en a surtout deux : la remise à niveau de Crédit Agricole CIB et le foyer de pertes que constitue la filiale grecque Emporiki. Sur le premier, la restructuration lancée en 2008 sous la direction de Patrick Valroff montre, trimestre après trimestre, que la banque de financement et d’investissement peut redevenir bénéficiaire cette année. Le second joue dans la perspective négative que nous avons maintenue, avec la note « AA- », cet été. Néanmoins, les performances de la banque de détail en France, navire amiral du groupe, permettent d’absorber les pertes.

Y a-t-il des inquiétudes nouvelles en perspective de Bâle III ?

Auparavant, le groupe communiquait sur les fonds propres de CASA et ceux des caisses, pouvant laisser supposer une surcapitalisation s’annulant en consolidation. Aujourd’hui, l’impression est inverse, le groupe communique aussi sur le périmètre intégrant les caisses régionales, pour lequel les effets de Bâle III (intérêts minoritaires, assurance...) sont moins importants que sur CASA seul. C’est d’ailleurs le périmètre que nous regardons.

A lire aussi