L'avis de... Anthony Polini, analyste chez Raymond James & Associates à New York

« Les revenus ne renoueront pas avant deux ans avec le niveau de 2010 »

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Bank of America doit-elle augmenter son capital ?

La banque n’en pas besoin dans les deux à trois ans qui viennent. Elle peut s’acquitter du règlement à l’amiable (de fin juin, NDLR) relatif à ses produits adossés à des crédits hypothécaires. Actuellement contesté par la justice, son montant final pourrait passer de 8,5 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) à 11 milliards. La banque peut aussi absorber les charges relatives au fiasco des saisies immobilières. Cette affaire pourrait coûter 20 à 25 milliards de dollars à l’industrie, mais l’exposition de Bank of America est seulement de 25 %. Elle a déjà provisionné environ 5 milliards de dollars à cet effet. Enfin, pour répondre aux exigences de Bâle III, elle va continuer à vendre des actifs trop coûteux en fonds propres et en dehors de ses métiers cœur, et à baisser ses actifs pondérés du risque.

Quelle est sa capacité à croître ?

Sa croissance organique va compenser les ventes d’actifs et les désinvestissements. Les revenus des métiers cœur ne renoueront pas avant deux ans avec le niveau de 2010 (120 milliards de dollars), mais seront vraisemblablement autour de 100 milliards de dollars, en fonction des conditions de trading. Au premier trimestre 2011, la banque a dégagé 27 milliards de dollars de revenus, puis 25 milliards* au deuxième trimestre en dépit des taux d’intérêt bas et des signes de retournement économique.

Le groupe peut-il rester leader dans son pays ?

JPMorgan va lui ravir la place de première banque américaine en termes d’actifs d’ici à la fin de l’année, mais Bank of America restera la plus grande banque commerciale.

*Une fois retranchés 13,2 milliards de dollars de pertes dans les services immobiliers.

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