L’avis de… Stuart Plesser, directeur senior chez Standard & Poor’s

« Les revenus des banques américaines resteront sous pression en 2013 »

le 31/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont vos perspectives pour les banques américaines en 2013 ?

2013 sera une année difficile en termes de croissance des revenus. Les banques commencent déjà à ressentir la pression liée au contexte de taux d’intérêt bas. La concurrence sur les prêts est forte tant dans la banque de détail que dans la banque commerciale, ce qui pourrait conduire à accentuer la pression sur les marges des activités de crédit traditionnelles. Dans un tel contexte, les revenus devraient seulement croître d’environ 1 % par rapport à une année 2012 marquée par une stabilité des chiffres d’affaires.

Observez-vous un redémarrage de l’activité de crédit immobilier ?

Les banques ont récolté les fruits d’une forte activité de refinancement et 2012 a été une année solide pour les banques sur ces activités immobilières. Cependant, la production de nouveaux crédits est restée faible en 2012 car l’activité a été principale portée par le refinancement hypothécaire. Or le volume d’activité de refinancement diminuera probablement en 2013 et sera sans doute partiellement compensé par une hausse de la production de nouveaux prêts immobiliers. Enfin, les marges restent sous pression en raison d’une courbe des taux plate et elles devraient le rester en 2013.

Anticipez-vous une poursuite des politiques de réductions de coûts ?

Dans un contexte de pression réglementaire, ces plans d’économies pourraient se poursuivre dans les mois et années à venir. Les nouvelles exigences pourraient conduire à une détérioration des revenus, et les coûts de mise en œuvre de ces réglementations continueront de mettre la pression sur les bénéfices des banques. Vu la difficulté à faire croître leurs revenus, la plupart des banques ne peuvent pas dégager des résultats d’exploitation significatifs sans continuer à réduire leurs coûts opérationnels. Toutefois, tout l’enjeu des banques est de réduire les coûts sans remettre en cause la force de leur franchise.

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