L’avis de… Aurélie Thiellet, analyste crédit senior en charge du secteur bancaire chez Standard & Poor’s

« Réussir sa diversification en termes de métiers et d’activités »

le 11/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Quel est aujourd’hui le principal défi de La Banque Postale ?

Elle doit s’attacher à réduire son coefficient d’exploitation qui reste très élevé par rapport aux autres banques françaises, voire européennes. Cette situation s’explique par son maillage géographique très dense et un réseau de distribution très large, mais aussi par une base de revenus relativement étroite. Pour le diminuer, la banque doit réussir sa diversification en termes de métiers et d’activités, ce qui lui permettra ainsi d’améliorer son résultat brut d’exploitation. De fait, l’activité de la banque reste très concentrée sur le crédit immobilier, qui s’avère faiblement rentable. Or les autres métiers bancaires ou d’assurance offrent des marges plus intéressantes. La banque peut donc continuer à élargir ses sources de revenus, principal levier pour améliorer sa rentabilité et donc son coefficient d’exploitation. Dans l’immédiat, nous n’anticipons pas d’amélioration significative de cet indicateur pour 2013 et 2014.

Comment jugez-vous son développement sur ses nouveaux métiers ?

Elle affiche des progressions commerciales assez satisfaisantes. Pour autant, c’est une banque dont une des principales caractéristiques est que sa part de marché sur les dépôts (15 % sur les dépôts à vue des ménages) est supérieure à celle sur les crédits (environ 5 % en crédit immobilier). Elle a donc un réel potentiel pour améliorer le taux d’équipement de sa propre clientèle. Sur les marchés des entreprises et des collectivités locales, la banque est encore dans une phase de conquête et, alors que l’offre bancaire ralentit sur ces segments, elle peut prendre une vraie place. Nous regardons avec attention son développement sur ces activités et nous attendons de voir se concrétiser les ambitions de La Banque Postale.

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