L'avis de... Nicolas Lioliakis, managing director chez AlixPartner

« Restructurer les métiers et les géographies »

le 10/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Les banquiers ont encore des doutes, notamment réglementaires. Est-ce justifié ?

La réglementation n’est qu’un paramètre dans la stratégie des banques. Pour l’essentiel, elle a déjà été prise en compte puisque le comité de Bâle a annoncé son calendrier. Il peut encore y avoir des changements. On l’a vu avec la loi bancaire qui a pris en considération les arguments, fondés, des banques françaises. Ce sont surtout les incertitudes liées aux ressources (fonds propres et dépôts), à la dégradation des coefficients d’exploitation, à la montée du coût du risque, à l’environnement macroéconomique et à la concurrence (y compris non bancaire) qui suscitent des interrogations dans les banques.

Sont-elles prêtes pour de nouveaux plans ?

Les groupes français se sont adaptés à leur nouvel environnement en réduisant très vite leurs bilans, ainsi qu’en ajustant certains métiers dans les banques de financement et d’investissement (BFI) et services financiers spécialisés. Ils se préparent désormais à redéfinir la taille de leurs réseaux où ils sont notamment confrontés au problème du Livret A. Toutefois, l’avancement n’est pas le même pour tous.

Comment l’avenir va-t-il se dessiner ?

Les banques doivent annoncer leurs ambitions dans des métiers qui dépassent la scène domestique (BFI, gestion d’actifs, réseaux à l’étranger). Le recentrage et le repli constaté doivent laisser place à un discours sur les performances et les trajectoires pour les atteindre. Un plan stratégique doit donner une vision à trois ans. Même s’il est difficile de chiffrer de façon crédible un retour sur capital à cet horizon, il s’agit de réaliser un exercice comparable à celui d’UBS : annoncer une restructuration des métiers et géographies fondée sur de vrais choix et une structure de coûts adaptée à une industrie qui se normalise et est durablement soumise à de lourdes contraintes.

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