L'avis de... Marie-Christine Jolys*, associée KPMG responsable du département Réglementaire Banque

« Restaurer l’image et la réputation du secteur bancaire »

le 27/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Les banques européennes ont-elles bien enregistré les conséquences comptables des pratiques commerciales passées ?

Si l’on regarde les résultats du premier trimestre, il semble que les banques ont en effet passé la paille de fer en 2012. Les litiges leur ont coûté 11 milliards d’euros en 2011 et 20,5 milliards l’an dernier, dont près de 16 milliards pour les seules ventes abusives en Grande-Bretagne. Au vu des résultats du premier trimestre, il semble que la tendance ne devrait pas se poursuivre cette année, mais il faut attendre le deuxième trimestre pour en être sûr.

Les groupes britanniques ont-ils un handicap ?

Le fait est qu’ils font face à deux dossiers de ventes abusives que ne connaissent pas les autres groupes européens. Tout en reconnaissant leur responsabilité, ils ont annoncé pour l’avenir le développement de services de qualité, des offres de produits plus transparentes ou des conseils indépendants et objectifs. Le directeur général de Barclays admet que l’activité bancaire a été « trop déconnectée des besoins des clients et de la société de manière générale ». Le président de HSBC a annoncé la création d’un « Comité de vulnérabilité du système financier ». Enfin, RBS a entamé une gestion effective du risque de « good conduct ». De manière générale, les dirigeants veulent restaurer l’image et la réputation du secteur bancaire.

Est-ce que cela suffira aux investisseurs et actionnaires ?

Sur le plan financier, bien sûr, la capacité à absorber ces litiges diffère selon la taille et la santé des établissements. Mais les banquiers cherchent à rassurer les investisseurs sur une rentabilité durable et une politique de rémunération en adéquation avec les rendements pour les actionnaires. Le président de Standard Chartered a même souligné que les bonus payés étaient nettement inférieurs au dividende et à l’impôt sur le bénéfice !

*Auteur de la septième édition de « Défi pour la transparence » sur « Les prémices des nouveaux fondamentaux de l’industrie bancaire ».

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