L'avis de... Jesus Castillo, analyste chez Natixis

« Des ressources stables mais coûteuses »

le 10/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Les banques espagnoles pâtissent-elles de la situation de la dette souveraine ?

Elles souffrent de la mauvaise perception de l’Espagne sur les marchés financiers : on se demande quelles seront les répercussions sur leurs actifs si les titres de dette souveraine qu’elles détiennent se détériorent encore. Mais on s’interroge aussi sur le marché domestique. Les banques ont pendant dix ans fondé leur croissance sur le secteur immobilier et la croissance du crédit. Sur quoi vont-elles s’appuyer à présent ? L’explosion de la bulle immobilière s’accompagne en outre des risques liés à l’augmentation du chômage et des créances douteuses.

Le président de BBVA se plaint de l’effet de cette contagion sur les marges des « bonnes banques »...

Les conditions de financement des banques espagnoles sur les marchés se sont durcies. Elles ont donc lancé une petite guerre des dépôts pour capter des ressources certes stables mais coûteuses. On reste en outre dans une période de faibles taux d’intérêt pour les emprunteurs. La marge se réduit des deux côtés. Dans ce contexte, les groupes qui ont diversifié géographiquement leurs activités s’en sortent le mieux, d’autant plus qu’ils sont fortement implantés dans une zone dynamique : l’Amérique latine.

Dans quelle mesure la publication de l’exposition du secteur aux actifs immobiliers peut-elle relâcher la tension ?

L’Espagne a joué la transparence. Les chiffres ne sont pas forcément rassurants mais ils permettent de se construire une opinion sur des données qui paraissent sincères. Cette « opération vérité » pourrait porter ses fruits. Le pays était jusqu’à maintenant placé dans le même groupe que la Grèce, le Portugal, l’Irlande. On semble percevoir un début de changement mais qui reste à confirmer.

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