L'avis de... Pierre Gibou, auteur du mémoire « Mobilisation du poste clients : levier de développement pour les entreprises de croissance »*

« Une ressource instantanée qui apporte de la flexibilité financière »

le 28/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous le taux d'endettement des ETI en 2012 ?

Cet endettement est la résultante de deux facteurs essentiels : une sous-capitalisation chronique et une rentabilité insuffisante. L’environnement légal, fiscal et économique français associé à un déficit d’innovation et d’internationalisation pénalisent débouchés et compétitivité. De plus, le marché des capitaux est inefficient pour cette typologie d’entreprises (coût, flottant, réglementation) et les fonds de private equity ne jouent pas leur rôle du fait d’une épargne mal aiguillée. Enfin, certaines ETI sont réticentes à ouvrir leur capital (crainte de dilution). Elles font donc appel à une dette en apparence bon marché (banques, fournisseurs, Etat) mais qui accroît leur risque financier, cause de nombreuses défaillances en période de crise.

Leur conseillez-vous d'avoir recours au « factoring » (affacturage) ?

Sans hésitation, oui. La problématique de solvabilité peut être traitée dans le temps alors que l’absence de liquidité conduit immédiatement au dépôt de bilan. Le factoring apporte la flexibilité financière permettant de répondre au passif exigible ainsi qu’aux charges courantes. C’est une ressource instantanée, souple et récurrente qui s’ajuste en temps réel au cycle d’exploitation. L’effet de levier qu’il procure contribue à réduire le coût du capital - les intérêts oscillent entre 1 % et 3 % l’an hors déduction de l’impôt sur les sociétés -, tout en préservant la résilience globale de l’entreprise

(pas de service de la dette).

*Primé par l’Association française des sociétés financières en 2012. Pierre Gibou a aussi conseillé la mise en place de l'affacturage à La Banque Postale.

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