L’avis de… Erwin van Lümich, managing director chez Fitch Ratings

« La rentabilité du secteur va rester faible en 2013 »

le 06/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Quel est le principal défi des banques espagnoles ?

La qualité des actifs et la rentabilité constituent des enjeux prioritaires pour l’ensemble du secteur bancaire espagnol. Nous pensons que la rentabilité des banques restera faible en 2013 à cause des taux d'intérêt bas mais aussi à cause de la poursuite du deleveraging. De fait, depuis la crise, les banques ont réduit significativement leurs volumes de prêts, ce qui signifie que leur activité a diminué. En outre, dans un environnement de taux d’intérêt bas, il est difficile d’augmenter les profits. Pour ces raisons, la rentabilité du secteur avant dépréciation et provisions ne devrait pas s’améliorer significativement cette année, malgré un accent accru mis sur les revenus issus des commissions.

Quels sont les leviers pour accroître la rentabilité ?

L'optimisation de leurs coûts de financement pourrait soutenir leur rentabilité. Au cours des dernières années, un certain nombre de banques espagnoles ont offert des taux particulièrement attractifs sur les liquidités et nous avons assisté à une « guerre des dépôts ». C’était un moyen important d’obtenir du financement en provenance des clients particuliers. Or une telle pratique n'est plus possible depuis que les autorités ont limité les taux d'intérêt payés sur ces dépôts. Résultat, les coûts de financement via les particuliers sont beaucoup plus sous contrôle. En outre, les banques donnent la priorité à la renégociation de certains prêts, en particulier ceux accordés aux PME. Par ailleurs, elles doivent essayer d’offrir davantage de produits complémentaires à leurs clients, sources de nouvelles commissions ou d’honoraires. Finalement, ce qui pourrait vraiment faire une grande différence serait une remontée graduelle des taux d'intérêt, ce qui semble malheureusement peu probable à court terme.

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