L'avis de... Antonello Aquino, président senior credit officer chez Moody’s

« La rentabilité du secteur va demeurer stable »

le 28/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Moody’s vient de relever la perspective de crédit de l’assurance-vie britannique de négative à stable. Sur quelle base ?

Nous pensons que la rentabilité du secteur va demeurer stable, soutenue en particulier par une forte génération de flux de trésorerie actuellement au centre des stratégies des assureurs. C’est aussi une industrie résistante dont les niveaux de capitalisation sont élevés et devraient le rester. Enfin, la bonne performance de leurs gérants a permis aux acteurs de l’assurance-vie de compenser partiellement l’érosion historique de leurs flux.

Quel est l’impact de la réglementation sur la distribution des produits financiers ?

Son évolution en fin d’année dernière, mettant fin au commissionnement des conseillers financiers, devrait réduire le nombre des intermédiaires mais aussi impacter négativement le niveau de ventes de contrats d’assurance-vie pendant quelque temps. Certains assureurs comme Standard Life, qui a mis fin au commissionnement il y a quelques années, est mieux positionné dans ce nouvel environnement.

Quelles sont les limites du modèle ?

Les assureurs britanniques augmentent leur exposition de crédit à des classes d’actifs comme les prêts immobiliers ou l’immobilier commercial, jusqu’à présent l’apanage des banques. Nous examinons actuellement si leur niveau d’expertise est à la hauteur de cette diversification. En ce qui concerne l’environnement de taux d’intérêt bas, il va réduire la rentabilité de l’assurance-vie, mais seulement de façon marginale. Le marché britannique est moins exposé que d’autres européens car 67 % des réserves y sont en unités de compte sans garantie de taux, ce qui rend ses assureurs moins sensibles aux spreads de crédit.

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