L’avis de… Riadh Alimi, directeur de projets chez McKinsey

« La rentabilité opérationnelle a retrouvé son niveau d’avant-crise »

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment jugez-vous la situation du crédit à la consommation en Europe ?

Le contexte macroéconomique et réglementaire reste très difficile. Nous estimons qu’en moyenne, le passage à Bâle 3 se soldera par la perte de 4 points de rendement des fonds propres (RoE). De plus, le coût du risque demeure élevé, supérieur à 3 % des encours pour la quatrième année consécutive. Pourtant, nous constatons que la rentabilité opérationnelle - exprimée par le retour sur actifs (RoA) - est en progression et a retrouvé en 2012 son niveau d’avant-crise. En Europe, le RoA ressort ainsi à 1,75 % en 2012 alors qu’il était tombé à 0,53 % en 2008.

Comment expliquez-vous ce rebond de leur performance opérationnelle ?

Les acteurs ont joué sur deux tableaux : ils ont ajusté leur tarification pour couvrir la hausse du coût du risque et ont réussi à réduire leurs coûts opérationnels. De fait, le ratio de coûts rapportés aux actifs était de 2,80 % en 2008 et il est passé à 2,55 % en 2012. La préoccupation de la plupart des acteurs est à présent de retrouver une certaine croissance tout en maîtrisant leur coût du risque.

Quelles sont les autres pistes de transformation ?

Ils développent des activités moins consommatrices de capital et de liquidité : offres d’assurance-dommages, voire de services pour élargir leurs sources de revenus, ainsi que des offres d’épargne dans une logique de diversification de leur financement. Ces produits permettent aux acteurs de s’engager dans une relation commerciale de long terme avec leurs clients. Mais le principal facteur de différenciation sera sans doute la capacité à prendre rapidement le virage du « digital », qui transforme le marché du crédit à la consommation et qui offre un fort potentiel - à ce jour peu exploité - d’amélioration de la gestion des risques et de l’efficacité opérationnelle.

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