L'avis de... José Carlos Diez, chef économiste d'Euromoney

« La réforme a permis à l’Espagne de quitter le groupe des pays à risques »

le 26/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont les répercussions du renforcement des normes en capital du secteur financier ?

Depuis la publication du décret, l’Espagne s’est séparée du groupe de pays les plus à risques. Il a permis de bien distinguer les caisses ne pouvant pas accéder aux marchés : celles qui vont faire appel au fonds de restructuration financière (Frob). Pour les autres, les marchés obligataires se sont rouverts. Les banques, les caisses et le Frob sont ainsi parvenus à émettre 40 milliards d’euros depuis le début de l’année.

Des groupes de caisses d’épargne prévoient de créer une « bad bank ». Est-ce une bonne idée ?

Les investisseurs n’ont aucune envie d’être exposés au secteur immobilier espagnol. Ils sont nombreux à ne même plus valoriser le foncier. Les caisses ont donc intérêt à les sortir de leurs bilans pour tenter de vendre une franchise assainie.

Les deux plus grands groupes de caisses ont annoncé leur introduction en Bourse. Que pensez-vous du niveau de décote de 20 % ?

C’est un prix juste, Santander se situe à ce niveau. CaixaBank ne devrait pas avoir de problème pour son entrée en Bourse. L’introduction de Bankia n’est pas aussi claire puisqu’elle n’a pas pu se défaire de toute son exposition à l’immobilier. Cela va la pénaliser. Toutes les caisses d’épargne cherchent en tout cas à entrer le plus rapidement possible sur le marché dans la crainte du retour d’un effet contagion des pays périphériques. Elles pourront s’appuyer pour cela sur leurs réseaux d’agences commerciales où elles disposent d’une grande capacité à placer des produits auprès de leurs clients. Il faut même parfois les freiner !

Le système bancaire espagnol est-il sauvé ?

Le secteur entame une lente remontée depuis un seuil très bas mais je suis optimiste. En dépit d’un environnement compliqué en 2010, le système bancaire est parvenu à dégager 55 milliards d’euros de marge d’exploitation avant provisions et impôts. C’est un secteur encore très rentable.

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