L’avis de… Virginie Crépy, analyste crédit chez Standard & Poor's

« Un redressement significatif à court terme est peu probable »

le 01/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur l’année 2011 des assureurs français ?

L’année a été difficile pour l’ensemble du secteur. Nous avons d’ailleurs procédé à plusieurs ajustements de notes ou de perspectives. Aujourd’hui, la majorité des acteurs français est sous perspective négative. Toutefois, le secteur reste relativement solide, la notation moyenne étant dans la catégorie A. Les compagnies sont cependant confrontées à une baisse de leur chiffre d’affaires en assurance-vie dans un contexte d’incertitudes des marchés financiers et de concurrence de produits d’épargne comme le Livret A. Ils ont également connu des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, l’écartement des spreads et la volatilité des marchés actions. Globalement, la rentabilité et la solvabilité restent sous pression.

Pourquoi cette pression est-elle toujours aussi forte ?

Les acteurs français ont toujours une exposition aux actions et à la dette grecque plus importante que la moyenne européenne. Ils détiennent également souvent dans leur portefeuille des valeurs bancaires qui ont beaucoup baissé en 2011. Nombre de compagnies ont pris des actions stratégiques, mais nous pensons que la solvabilité reste souvent une faiblesse par rapport à leur note actuelle.

Quelles sont les perspectives du secteur pour 2012 ?

Nous pensons que 2012 sera encore difficile, un redressement significatif à court terme est peu probable. Les perspectives négatives indiquent qu’il y a toujours un potentiel de dégradations des notes. En assurance-dommages, nous nous attendons à de bons résultats techniques après deux années de hausses de tarifs, avec une amélioration des ratios combinés. En assurance-vie, le constat est plus négatif car les enjeux sont plus importants en raison de la baisse du chiffre d’affaires, du faible appétit des épargnants pour les contrats en unités de compte et de marges financières toujours affaiblies.

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