L’avis de... Stéphane Fantuz, vice-président de la Chambre nationale des conseils experts financiers

« La réactivité des banques est essentielle »

le 12/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Parmi les conseils du dirigeant, qui est l’interlocuteur privilégié en général ?

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, c’est souvent l’expert-comptable parce qu’il est présent pour tenir la comptabilité, assurer les déclarations fiscales… Ce n’est pas nécessairement un spécialiste de la transmission et il peut y voir un risque potentiel de perte de son client alors qu’il a matière à valoriser ses conseils. Autre interlocuteur, l’avocat intervient directement dans la mise en forme contractuelle. Cet accompagnement juridique est très important pour la réussite de la cession. Enfin, le dirigeant doit faire appel à un conseil expert financier qui l’assiste dans toutes les phases, y compris la négociation, et coordonne les intervenants.

Les banques ne sont donc pas un interlocuteur naturel ?

Lors d’une cession, les banques généralistes mettent parfois en avant leur réseau comme moyen de trouver un repreneur, mais cela ne fonctionne pas très bien. Lorsqu’elles accompagnent le repreneur et apportent le financement, elles contribuent à valider le prix d’acquisition et la capacité de remboursement. Leur réactivité est essentielle, notamment en cas de cofinancement avec d’autres établissements. Les banques ayant des centres de décision proches des entreprises sont alors à privilégier. Les banques privées sont intéressées par la valorisation d’un patrimoine professionnel en un patrimoine privé.

Qu’est-ce qui rend difficile l’anticipation d’une transmission d’entreprise ?

La phase de préparation peut prendre de un à quatre ans selon la structuration du groupe à céder, surtout s’il est constitué de plusieurs sociétés. Pour bien vendre, mieux vaut rationaliser son organisation, ce qui nécessite du temps pour opérer les fusions, tenir les assemblées générales, etc. Autre difficulté, certains dirigeants ont parfois du mal à se projeter après la cession, le facteur psychologique est alors un frein non négligeable. Enfin, tout dépend aussi de la taille de l’entreprise : plus elle est grande et structurée, plus le dirigeant peut dégager du temps pour réfléchir, anticiper et participer à la cession.

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