RBS reprend les rênes de son avenir

le 07/11/2013 L'AGEFI Hebdo

La création d’une structure de défaisance interne va s’accompagner de pertes substantielles cette année.

Pour Ross McEwan, ce 1

er no-vembre était un jour de « réajustement » : le directeur général de Royal Bank of Scotland (RBS), en poste depuis un mois, a évoqué l’instauration de bons rapports entre la banque et le gouvernement britannique, une mission que son prédécesseur Stephen Hester, poussé vers la sortie, n’était pas parvenu à mener à bien. A l’issue d’une étude de cinq mois, un rapport a finalement conclu à la nécessité de créer une structure de défaisance interne à RBS, en lieu et place d’une scission de l’établissement détenu à 81 % par le contribuable britannique. Dans les faits, la nouvelle structure, baptisée RBS Capital Resolution, regroupera 38 milliards de livres (44,85 milliards d’euros) d’actifs toxiques : outre les 23,5 milliards d’actifs déjà contenus dans l’actuelle division non-core de la banque, elle sera étendue à 5,5 milliards d’actifs de la division de banque commerciale britannique, 4,1 milliards de la division irlandaise Ulster Bank, le reste provenant de la division de banque d’investissement (Markets) et de l’international. La banque a ainsi l’intention de se défaire de 55 % à 70 % des actifs toxiques de cette division sous deux ans.

Renforcement du capital

Qualifié de logique par les analystes qui y voient une diminution de l’interférence publique, ce plan va néanmoins s’accompagner de dépréciations estimées entre 4 à 4,5 milliards de livres au cours du dernier trimestre 2013, ce qui devrait conduire à une perte significative du groupe pour l’ensemble de l’année. Les résultats trimestriels n’ont pas non plus été à la hauteur des attentes : le groupe a replongé dans le rouge au troisième trimestre avec une perte nette de 828 millions de livres après deux trimestres dans le vert, emporté par une provision de 250 millions de livres, pour couvrir les litiges liés aux PPI (payment protection insurance, contrats d'assurance emprunteurs). Les marchés n’ont pas du tout apprécié : l’action RBS a chuté de plus de 7 % le jour de l’annonce à 340,4 pence l’action, soit la chute la plus significative pour RBS depuis une année.

Aux yeux de Ross McEwan, l’agenda de la banque partiellement nationalisée reste pourtant clair : la création d’une structure de défaisance, couplée à l’accélération de la sortie des opérations américaines Citizens, dont le processus de mise en Bourse a été avancé à 2014, doit conduire sur le moyen terme à un renforcement du capital. RBS se fixe désormais un Core Tier onede 11 % d’ici à fin 2015 selon les normes Bâle 3, soit 200 points de base de plus qu’aujourd’hui, et de 12 % ou plus d’ici à fin 2016.

Nouveaux objectifs

La banque a pris son avenir en main. Ross McEwan a rappelé que la Prudential Regulation Authority (PRA), l’organisme de supervision britannique, s’apprêtait à dévoiler en décembre un durcissement des règles en matière d’exigences en capitaux. L’autre grand chantier que s’est fixé le directeur général consiste aussi à remettre le client au centre des priorités de la banque. Publié le 1er novembre, un rapport commissionné par RBS (Andrew Large report) a conclu que la banque avait manqué ses objectifs de prêts aux PME. Un résultat jugé peu confortable par RBS qui a décidé de renverser cette tendance en devenant la banque de choix des PME.

Une nouvelle étude passant au crible l’informatique, les activités en contact direct avec la clientèle et les structures de décision de ses différentes unités opérationnelles a également été lancée pour identifier les améliorations à apporter : « Notre ratio coûts-revenus de 65 % est beaucoup trop élevé à l’heure actuelle, a estimé le directeur général. Nous devons le ramener autour de 55 %. » Annoncés en février prochain lors de la publication des résultats annuels du groupe, les résultats de cette étude laissent présager un autre tour de vis. Se refusant à commenter l’hypothèse d’une autre vague de suppressions d’emplois, le directeur général a cependant signalé que les activités de sa division irlandaise Ulster Bank seraient passées au peigne fin : « Nous tenons à cet établissement dans lequel nous avons injecté quelque 15 milliards de livres de capital au cours de ces dernières années, a indiqué Ross McEwan. Mais à l’heure actuelle, il n’opère pas aussi bien qu’il le devrait. »

Reste que cette nouvelle étape de restructuration risque de repousser le retour de la banque dans le privé : Sir Philip Hampton, président de RBS, a en effet laissé entendre que cette stratégie pourrait se poursuivre jusqu’au début de 2015, faisant espérer une reprivatisation de RBS après les élections générales.

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