RBS a tous les atouts pour se réorganiser au profit des entreprises

le 10/10/2013 L'AGEFI Hebdo

L’entrée en fonction du nouveau directeur général Ross McEwan ouvre une nouvelle ère pour Royal Bank of Scotland.

Lors de son arrivée à la tête de RBS le 1er octobre, Ross McEwan l’a martelé : « ll est nécessaire de reconstruire la confiance, a-t-il fait savoir devant un parterre de salariés. Nous devons être obsédés tous les jours et toute la journée par nos clients. » Ce Néo-Zélandais de 56 ans, qui a effectué une grande partie de sa carrière au sein de Commonwealth Bank of Australia en charge de la banque de détail - avant d’assumer la même fonction chez RBS en septembre 2012 -, entend bien tourner la page de la crise. Pour son entrée en fonction, le nouveau directeur général a d’ailleurs reçu un sérieux coup de pouce. Après avoir vendu ses opérations de matières premières Sempra et mis en Bourse celles d’assurance Direct Line, il a pu annoncer fin septembre la cession de 314 agences aux américains Corsair et Centerbridge. Ce consortium de fonds doit s’acquitter de 600 millions de livres pour obtenir une participation majoritaire dans le réseau concerné lorsqu’elles seront introduites en Bourse à horizon 2015.

Cette vente vient mettre fin à la série de cessions obligatoires imposée par la Commission européenne en échange de l’aide de l’Etat reçue par la banque en 2008. RBS doit maintenant introduire en Bourse sa filiale américaine Citizens. Cela n’écarte toutefois pas d’autres défis à venir. Le remplaçant de Stephen Hester devra ainsi prendre acte de la décision finale sur une éventuelle séparation de RBS en une bonne et une mauvaise banque. Les conclusions de cette étude, qui avait été confiée avant l’été par le chancelier de l’Echiquier George Osborne à la banque d’affaires Rothschild et à BlackRock, devraient être dévoilées d’ici à mi-octobre. D’ores et déjà, des sources bancaires ont écarté la probabilité de cette scission, qui s’avérerait trop coûteuse et complexe. D’autant que la direction du groupe doit aussi gérer les erreurs du passé : « Il est encore difficile de quantifier l’échelle des amendes réglementaires, des arrangements légaux ou encore des compensations des clients pour les scandales liés aux ventes abusives, estime Ian Gordon, analyste d’Investec Securities. Au total, ces sommes devraient se situer autour des 1 à 2 milliards de livres au cours des deux prochaines années, ce qui devrait être gérable pour le bilan de la banque tout en continuant néanmoins à peser sur les revenus et les rendements. »

Simplification des services

Au cours des prochains mois, Ross McEwan devra aussi imprimer son style de gestion, « plus ouvert, plus engageant et concentré sur la simplification et le service vus comme des leviers pour améliorer la performance », anticipe un analyste. Sur la nouvelle stratégie, qui devrait être dévoilée en février lors de la publication des résultats annuels, les paris restent ouverts : « Elle ne devrait pas être matériellement différente, bien que l’axe de travail principal de Stephen Hester au cours des dernières années ait été de réparer le bilan de la banque, dans un contexte de demande de prêts atone, explique Ian Gordon. Ross McEwan bénéficie quant à lui des progrès substantiels réalisés sur tous les problèmes hérités du passé et d’une amélioration des conditions d’activité à la fois sur le réseau britannique et la banque commerciale. » Les hypothèses vont aussi bon train sur une éventuelle réorganisation des activités, avec une fusion attendue des opérations de banque commerciale et d’investissement, ainsi que la création d’une unité dédiée aux PME.

Dans l’intervalle, les résultats du troisième trimestre, publiés le 1er novembre, ne devraient pas révéler de grosses surprises : si une amélioration dans la banque de détail est attendue, les performances dans la division d’investissement devraient rester faibles tandis que la banque devrait aussi continuer à souffrir de pertes, moindres dans sa division non cœur et dans la filiale irlandaise Ulster Bank.

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