L'avis de... Carlos Wong-Fupuy, directeur senior Analytics à A.M. Best

« Les rapprochements entre acteurs majeurs ne sont pas à exclure »

le 05/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment jugez-vous le degré de capitalisation des assureurs-vie britanniques ?

Les plus importants demeurent bien capitalisés. Pendant une grande partie de la décennie précédente, la plupart de ces assureurs ont réduit les risques dans leurs portefeuilles d’investissement et se sont éloignés des produits avec participation aux bénéfices (with profits). Une réglementation stricte leur a également permis de mieux évaluer les risques et les coûts derrière les options et les garanties, et cela bien avant leurs pairs en Europe continentale. Par ailleurs, au début de l’actuelle crise sur le crédit, les principaux souscripteurs de rentes ont dû passer de grosses provisions techniques sur défaillances. Enfin, dans la plupart des cas, leur exposition aux risques de crédit des pays périphériques de la zone européenne est restée limitée.

Doit-on s’attendre à des opérations de fusion-acquisition liées à Solvabilité II ?

C’est une possibilité, en particulier parmi les acteurs de taille intermédiaire ou les petites mutuelles qui peuvent trouver cette directive trop onéreuse, pas simplement d’un point de vue réglementaire mais aussi en termes de mise en place et d’exigences en matière opérationnelle, ainsi qu’au niveau de la gouvernance et de la transparence. La probabilité qu’une fusion se produise dépend de la finalisation des détails de la directive et du rythme du calendrier de mise en place, qui tiendra compte aussi des périodes transitoires. Les rapprochements entre acteurs majeurs ne sont pas davantage à exclure mais il est peu probable qu’ils soient uniquement imputables à Solvabilité II : les assureurs britanniques sont mieux préparés que la plupart des autres compagnies européennes sur ce sujet.

A lire aussi