Dossier Paiements

Quand le smartphone et la tablette deviennent des TPE...

le 31/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Les premières solutions devraient faire leur apparition début 2014. Objectif, séduire les commerçants en mobilité et les petits commerces.

En lançant début 2014 Mobo, un service actuellement en phase de test auprès de 250 clients, BNP Paribas pourrait bien sonner le début des grandes manœuvres sur le marché du mPOS en France. Cette technologie qui transforme les smartphones et tablettes en terminaux de paiement électroniques (TPE) suscite bien des convoitises après le succès rencontré par Square aux Etats-Unis. Ce dernier devrait en effet traiter cette année 10 milliards de transactions. Dans la foulée, des solutions concurrentes comme iZettle, Paypal Here, Payleven ou SumUp se sont positionnées sur ce marché, mais une seule à ce jour est disponible en France : SumUp. « Il y a donc clairement des places à prendre sur ce segment du paiement mobile qui devrait représenter 5 milliards d’euros de transactions dans cinq ans en France », assure Samshad Rasulam, chargée d’études chez Xerfi qui vient de piloter une enquête sur les cartes et les nouveaux moyens de paiement à horizon 2020. Pour séduire commerçants et clients, « Mobo » s’appuie sur un mini TPE Bluetooth et une application faisant office de logiciel de caisse que le commerçant doit installer sur son smartphone ou sa tablette. « Pour encaisser un achat, le marchand indique dans l’application le montant de la transaction qui va être transmis au TPE, précise Marc Espagnon, responsable des moyens de paiement de BNP Paribas. Le client insère ensuite sa carte bancaire dans le TPE et saisit son code. La transaction est alors envoyée à la banque via le ‘smartphone’. » Ce recours à la technologie Chip and Pin, qui utilise la puce électronique et le code secret, est imposé en Europe pour des raisons de sécurité par Mastercard, Visa et le GIE Cartes bancaires, alors qu’aux Etats-Unis, une solution comme Square se contente de lire la puce, sans authentification.

Plus économique

Ces TPE nouvelle génération s’adressent en priorité aux commerçants en mobilité (taxis, professionnels de santé, plombiers, livreurs de pizzas…) et aux petits commerces qui n’ont pas les moyens d’investir dans un TPE traditionnel. L’argument économique n’est en effet pas anodin comme le rappelle Marc Espagnon. « La différence de prix peut aller de un à cinq, un mini-TPE Bluetooth coûtant une centaine d’euros à l’achat alors qu’il faut débourser environ près de 500 euros pour un TPE GPRS. » Mais pour Jean-Marc Thienpont, responsable de la stratégie mobile chez Ingenico, qui lancera avant la fin de l’année une offre commercialisée en marque blanche, « réduire ces solutions à une forme de ‘low-cost’ du paiement serait une erreur. Elles visent l’intégralité de la pyramide des marchands. Les grandes enseignes les utiliseront aussi pour instaurer le paiement en mobilité dans leurs magasins, et ainsi éviter les files d’attente devant les caisses. »

La plupart de ces solutions s’accompagneront de tout un environnement applicatif. C’est le cas chez Ingenico qui ne se contentera pas d’offrir un logiciel de caisse et un outil d’acceptation des paiements. « Nous proposerons des applications de caisses enregistreuses virtuelles, d’inventaire, de ‘reporting’ et de gestion de l’activité qui permettront aux commerçants de gagner du temps et d’être plus productifs. » De son côté, SysPay se distingue par une solution capable de gérer sur un seul système les ventes en magasin et sur internet. « Elle est là la véritable révolution, assure Guillaume Charmant, business developper de SysPay. Remplacer une caisse physique par un smartphone ou une tablette est certes plus attrayant et présente de nombreux avantages. Mais lorsqu’en plus, vous êtes capable d’intégrer sur une même plate-forme les ventes en magasin et sur internet, vous entrez véritablement dans l’ère de l’omnicanal », conclut Guillaume Charmant.

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