L'avis de... Salvo Vitale, director du cabinet de conseils Value Partners à Milan

« Proposer un type d’agence plus ciblée et sophistiquée »

le 12/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Outre la conjoncture, les réformes de Mario Monti pénalisent-elles les banques ?

Avec la crise, les banques ont vu leurs revenus se contracter et leurs marges se réduire. Aujourd’hui, elles n’ont donc d’autre choix que d’agir sur les coûts. Le système a été pénalisé d’abord par le plafonnement des commissions imposé par le chef du gouvernement dans son décret « Sauve-Italie ». Puis par la réforme des retraites, qui a repoussé l’âge de départ à la retraite.

Quels sont les moyens d’action des banques ?

Le système italien est vieux et il est composé d’un nombre trop élevé d’agences sur le territoire. Pour revenir au niveau de rentabilité que l’on attend d’elles, les banques ne devront pas seulement réduire leur réseau d’au moins 10 % et récupérer 10 % de coûts, elles devront aussi se réinventer. Au lieu de continuer à avoir des agences généralistes, les banques doivent proposer un modèle de services vers la clientèle plus efficient avec un type d’agence plus ciblée et sophistiquée. Cela dit, le système italien est beaucoup plus solide que celui des autres pays européens avec un niveau d’endettement plus bas par rapport au capital : 22 en Italie contre 30 en moyenne en Europe.

Va-t-on assister à une refonte du système bancaire italien ?

Non. En tout cas pas à court terme. Le secteur est déjà bien concentré, pour le moins en ce qui concerne les grandes banques. Il se pourrait qu’il y ait des fusions entre les petites banques populaires et autres caisses d’épargne, mais pas dans l’immédiat. Cela se fera de manière progressive car il y a en Italie comme en France un vrai attachement à la dimension locale et territoriale.

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