L’avis de… Laurent Corbineau, associé chez Ernst & Young

« Les progiciels conviennent surtout aux grands assureurs »

le 20/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Qu’est-ce qui pousse les assureurs à investir dans la gestion des sinistres ?

La réduction de leurs coûts en premier lieu et l'amélioration de la qualité de service. Le paradoxe concernant les investissements des assureurs en la matière, c'est qu’ils visent avant tout à accélérer les processus de traitement des sinistres, alors que les clients, eux, demandent surtout à pouvoir accéder à une information claire sur les étapes de la gestion de leur dossier. Si les assureurs étaient en mesure de fournir cette information en ligne par exemple, cela permettrait de désengorger les plates-formes téléphoniques. De petits assureurs pourraient intégrer ce type d’interface plus facilement. Pour les compagnies plus importantes et notamment pour les assureurs-vie, c’est plus complexe à cause de la multiplicité des systèmes de gestion, il faudrait intégrer des outils transversaux capables de consolider l’information issue de chacun d’entre eux.

Quels outils choisissent les assureurs ?

La tendance est aux progiciels, mais en France, les assureurs préfèrent faire évoluer leurs systèmes d’information maison, d’autant plus qu’ils ont bâti des interfaces efficaces avec leurs fournisseurs et que leur structure régionalisée les empêche d’atteindre le seuil critique qui permettrait de rentabiliser l’investissement dans un progiciel. Seuls les grands acteurs multinationaux comme Axa ou Allianz peuvent espérer réaliser des économies d’échelle. Les mutuelles sans intermédiaires sont aussi en partie entravées par les aspects sociaux et auraient des difficultés à réaliser les bénéfices escomptés et à rentabiliser leurs investissements.

Quels sont les apports d’une solution progicielle ?

Intégrer un progiciel nécessite de changer de façon de travailler, ce qui est plus aisé dans des compagnies jeunes où l’activité et le système d’information sont récents. Mais ce sont des projets lourds et coûteux qui nécessitent d’instaurer des liens avec tous les systèmes IT en amont et en aval (fournisseurs, comptabilité, pilotage…). Par ailleurs, ces progiciels permettent une amélioration de la détection de la fraude grâce à l’intégration de moteurs de règles capables de traiter les nombreuses données dont disposent les assureurs. C’est aussi un enjeu de la modernisation du traitement des sinistres.

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