Dossier Voyages d'affaires

Les professionnels se préparent à un été sportif à Londres

le 19/01/2012 L'AGEFI Hebdo

La proximité du village olympique des quartiers de la finance devrait compliquer les déplacements durant la période des Jeux.

Cela faisait plus de 60 ans que Londres n’avait plus accueilli de Jeux olympiques. Le caractère exceptionnel de l’événement, qui se produira du 27 juillet au 12 août, est salué par la classe politique et les principaux acteurs de la capitale britannique comme un événement majeur dont les effets bénéfiques persisteront au-delà des Jeux. Pour la compagnie aérienne British Airways, partenaire officiel des Jeux olympiques (JO) et paralympiques ainsi que de l’équipe d’Angleterre, cet événement restera gérable : « Nous sommes habitués à transporter de très gros volumes de passagers, explique Luisa Fernandez, responsable des événements et du sponsoring de la compagnie. Au plus fort de l’activité à Pâques, nous sommes parvenus à transporter 106.000 passagers durant une seule journée au Terminal 5 d’Heathrow. » Même son de cloche du côté de l’opérateur d’aviation d’affaires Netjets, dont un tiers du trafic se fait avec le Royaume-Uni : « Le secteur financier, qui se répartit équitablement au sein de nos trois segments de clientèle (entreprises, entrepreneurs, riches particuliers, NDLR) continuera à emprunter nos appareils à l’occasion des JO en raison de la flexibilité de notre réseau qui nous permet de nous poser aussi bien à City Airport (à proximité directe du parc olympique, NDLR), qu’à Heathrow ou Gatwick », anticipe Mark Wilson, responsable des opérations de Netjets. Le train à grande vitesse Eurostar, reliant Londres à Paris et Bruxelles notamment, a pris les devants en ouvrant sa billetterie plus d’une année avant le démarrage des Jeux, comparé à une fenêtre habituelle de réservation de quatre mois, mais indique qu’il est encore trop tôt pour connaître la répartition entre la clientèle loisirs et affaires.

Travail flexible

Londres, qui a enregistré 1,48 million d’arrivées affaires au premier semestre 2011 pour un montant de dépenses équivalent à 1,23 milliard de livres (1,48 milliard d’euros), ne devrait pourtant pas bénéficier d’un effet JO sur sa clientèle affaires : « Les JO ne devraient pas conduire à une hausse significative des déplacements professionnels dans la mesure où les déplacements associés à cet événement peuvent compenser une baisse des déplacements sans lien avec les JO », relève Paul Tilstone, responsable Europe de l’association de voyageurs d’affaires américaine GBTA (lire l’entretien page 28). D’ores et déjà, les quartiers de la finance londonienne s’organisent. Canary Wharf, où se trouvent notamment les sièges de HSBC, Barclays mais aussi Citi, est situé à seulement quelques kilomètres du parc olympique dans l’est de Londres, et sa ligne de métro, la Jubilee Line, empruntée par une grande majorité des salariés de Canary Wharf, fait partie de celles qui desserviront le site olympique à Stratford : « L’idée est de permettre de contourner les heures potentiellement critiques et d'inviter les salariés à se rendre aux bureaux avant les heures de pointe le matin et à quitter le bureau plus tôt », indique Hamish McDougall, porte-parole de Canary Wharf Group, en charge de la gestion du quartier éponyme. Chez HSBC, dont 8.500 salariés travaillent dans ce quartier, le mot d’ordre est au travail flexible : « Dans la mesure du possible, nous allons encourager nos salariés à travailler de chez eux », souligne un porte-parole. Dans ce quartier de Londres, certains établissements financiers se préparent déjà à ne voir que 20 % de leur masse salariale à leur poste de travail. Dans le quartier de la City (lire l’encadré) où travaillent quelque 316.700 salariés de la finance et d’autres secteurs de l’économie, les mêmes remèdes seront appliqués aux mêmes maux : « La gestion appartient aux entreprises individuellement, note Sanjay Odedra, porte-parole de la City of London Corporation. Cependant, certains professionnels, à l’image des opérateurs de marché, doivent être physiquement présents sur leur lieu de travail pour effectuer leurs tâches quotidiennes. » Les professionnels comptent beaucoup sur l’aménagement des horaires des transports londoniens, métro en tête, pour fluidifier le trafic. Les organisateurs prévoient néanmoins six semaines de perturbations sévères aux alentours des JO.

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