L'avis de... Giuseppe Latorre, associé chez KPMG Italie

« Le prix des agences divisé par deux en quatre ans »

le 16/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Est-ce le moment de s’implanter en Italie ?

Il y a de multiples et d’excellentes occasions. Après des années d’acquisitions et avec la crise, plusieurs banques italiennes, telles Intesa Sanpaolo, Banco Popolare ou encore Credito Valtellinese, sont en train de rationaliser leur réseau. Elles ferment de nombreuses agences ou les cèdent, avec des multiples très intéressants vu que leur rentabilité a diminué de moitié depuis 2007. Le prix des agences d’Intesa vendues à Crédit Agricole a ainsi été évalué à 5,5 % de leur revenu, contre 10 % à 11 % il y a quatre ans.

Mieux vaut-il acheter des lots d’agences ou des réseaux ?

Je dirais des réseaux régionaux. Dans les prochains dix-huit mois, le marché bancaire va s’agiter. Surtout les petites et moyennes banques, telles les caisses d’épargne régionales disposant de 100 à 150 agences, situées notamment dans le centre du pays, en Toscane, dans les Marches ou l’Emilie-Romagne. Il s’agit de banques restées indépendantes jusqu’ici, mais qui risquent de ne plus faire face au prolongement de la crise et aux nouvelle règles de Bâle III. D’autant qu’elles sont surveillées de près par la Banque d’Italie, qui vient par exemple de mettre sous tutelle la Caisse d’Epargne de Rimini.

Comment sont positionnés les groupes français dans cette perspective ?

Parmi les acteurs étrangers, les français sont les plus actifs et les mieux placés en Italie. Les opérations qu’ils ont menées jusqu’à présent sont des succès. Crédit Agricole, qui se développe à petits pas sur le territoire, pourrait réaliser d’autres bonnes opérations. BNP Paribas dispose de davantage de ressources, mais n’a plus fait d’acquisition depuis le rachat de BNL, comme s’il attendait une grande occasion… qui ne vient pas.

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