Dossier Location longue durée

Privilégier la multiplication des sources de refinancement

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Depuis la crise qui a touché le marché en 2008, tous les acteurs ont engagé cette démarche de diversification.

Réduire la part des ressources bancaires au profit d'émissions sur les marchés de capitaux, telle est la tendance en matière de refinancement chez les acteurs de la location longue durée. Illustration chez RCI Banque, la holding de tête qui assure le refinancement des sociétés de financement du groupe Renault : Diac, Diac Location et Cogera. « Nos filiales n’accèdent pas aux liquidités de manière individuelle, explique Jean-Marc Saugier, directeur financement trésorerie de RCI Banque. C'est nous qui empruntons sur les marchés pour ensuite, via des opérations internes, mettre à disposition de chaque filiale les liquidités dont elle a besoin pour financer son portefeuille commercial. » Pour refinancer ses filiales, RCI Banque fait aujourd’hui appel à la ressource bancaire à hauteur de 3 milliards d'euros. La titrisation représente, elle, 3,8 milliards d’euros, quand les financements de type dette senior sur les marchés de capitaux long terme non sécurisés totalisent, eux, 10,1 milliards d’euros. « Sur ce dernier segment, nous utilisions principalement jusqu'en 2009 les marchés de capitaux en euros, précise Jean-Marc Saugier. En 2010, nous avons entamé une démarche de diversification en réalisant une première émission en francs suisses et en wons coréens. Cette démarche s'est poursuivie en 2011 avec une émission en dollars qui nous a permis de récolter 1,25 milliard de dollars. »

Chez LeasePlan France, détenue à 50 % par Volkswagen et Fleet Investments BV, une filiale d'investissement de la banque allemande Friedrich von Metzler, trois sources de refinancement sont mobilisées pour refinancer le parc de 100.000 véhicules, comme l'explique le directeur administratif et financier Nicolas Guérin. « Nous nous refinançons via des opérations de titrisation qui sont en cours dans de nombreux pays européens, mais aussi via des émissions récurrentes en 'debt capital market' et à travers des facilités bancaires revolving négociées avec un 'pool' de banques à l'international. » 

L'épargne des particuliers en ligne de mire

A ces trois sources de financement, il faut désormais en ajouter une quatrième puisque LeasePlan a ouvert aux Pays-Bas une banque de dépôts de particuliers qui a attiré, en quelques mois, 1 milliard d’euros. « A priori, la création d’un tel établissement n’est pas à l’ordre du jour en France car nous levons suffisamment de fonds, estime Nicolas Guérin. En revanche, nous allons de plus en plus miser sur la titrisation, ce marché s’étant rouvert pour les crédits automobiles il y a dix-huit mois. Ce levier nous apporte déjà des volumes conséquents de refinancement et à de bonnes conditions, avec un montage qui suppose la création d’une SPV ('special purpose vehicle', NDLR) afin de céder notre portefeuille de créances LLD pour nous refinancer via des opérations de titrisation. Cette démarche a déjà été engagée au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Espagne. La France sera le prochain pays concerné. » Chez Diac, la réflexion porte aujourd'hui sur l'activité de collecte d'épargne qui a été annoncée en février dernier. « Nous allons effectuer à partir de janvier 2012 un premier test auprès du personnel du groupe Renault, confie Jean-Marc Saugier. Le dispositif sera ensuite déployé en direction du grand public au cours du premier semestre. Mais clairement, il ne s'agit pas d'un dossier sur lequel nous misons pour construire notre refinancement actuel. Il s'agit plutôt d'une source de diversification envisagée pour l'avenir. »

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