Entretien avec... Marc Van Caeneghem, associé « risk advisory » chez Deloitte France

« Prendre en compte la liquidité de manière croissante »

le 17/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Faut-il s’inquiéter de la baisse de rentabilité des fonds propres (RoE) des banques ?

En mettant en perspective le couple fonds propres comptables et résultats avec les nouvelles règles Bâle III qui induisent un renforcement des premiers, la baisse des RoE est logique. Toutefois, pour les investisseurs, la mesure de la rentabilité ne se réduit pas à cet indicateur : d’autres paramètres comme le rendement de l’action sont aussi à appréhender. Quoi qu’il en soit, cette tension sur les RoE conduit les établissements bancaires à mener une réflexion de fond sur leur allocation de fonds propres ainsi que sur leur structure de coûts.

Cela va-t-il changer le profil des groupes européens ?

Les établissements de crédit ont déjà des profils variés en Europe. On le voit avec l’importance de l’assurance dans le modèle français. La place de la banque de financement et d’investissement a déjà ostensiblement changé et changera sûrement encore. Avec la crise, l’attention s’est cependant plus portée sur le niveau absolu des fonds propres que sur leur allocation. Aujourd’hui, cette dernière revient à l’ordre du jour et les groupes passent en revue leurs métiers. Cette réflexion mérite toutefois une attention particulière dans la mesure où la nouvelle donne réglementaire n’est pas complètement stabilisée et où les impacts d’un « désinvestissement » doivent prendre en compte les éventuels dommages collatéraux (pertes de clientèle, insuffisante évaluation d’autres éléments tels que la liquidité).

La liquidité devient une nouvelle donnée de pilotage…

Oui. Sous Bâle III, les banques doivent piloter leurs activités en fonction des exigences de solvabilité mais aussi compter avec la liquidité de manière croissante. Cela se traduit par la nécessité pour les établissements de respecter des exigences minimales en la matière, mais aussi par le fait que la liquidité, avec la crise, n’est plus gratuite et que la capacité d’un métier à en apporter doit pouvoir être correctement appréhendée et prise en compte dans sa performance.

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