L'avis de... Fabrice Coquio, directeur général d’Interxion France*

« Le premier critère est le prix de l’énergie électrique »

le 16/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment la France a-t-elle été choisie pour la nouvelle plate-forme consolidée européenne d’Aviva ?

Le premier critère est le prix de l’énergie électrique destinée à alimenter le centre de données. Deux pays en Europe, la France et la Pologne, des marchés régulés, proposent les prix les moins chers, autour de 7 centimes d’euro le kilowattheure (kwH). Ce tarif inclut le prix d’achat de l’électricité, les frais d’abonnement, de raccordement, les différences de taux horaire. Il y a des écarts considérables : en Irlande, le coût est deux fois plus élevé. La plate-forme d’Aviva consommera entre 2,5 et 3,5 millions de kwh. Soit un coût pour Aviva de 375.000 à 550.000 euros par an. Le second critère est la disponibilité de techniciens locaux pour gérer cette plate-forme. Mais ces critères n’ont rien d’exceptionnel dans le cas d’Aviva. Nombre d’entreprises mènent ce type de réflexion.

Ce projet n’a donc rien d’exceptionnel ?

Non, au contraire, il illustre parfaitement la logique de rationalisation des infrastructures informatiques des grands groupes présents dans le monde entier et qui adoptent une organisation en régions. C’est une rationalisation qui était menée jusqu’à présent avec l’aide de grands infogéreurs comme le projet de Schneider Electrique avec Capgemini. Ce qui a changé, c’est que les dirigeants informatiques de ces groupes n’ont plus peur de mettre directement leurs plates-formes chez leur hébergeur et d’en assurer la maintenance et l’exploitation. Ils ont pris conscience de l’importance des marges prélevées par les infogéreurs sur l’hébergement pur, qui pouvaient atteindre entre 10 % et 40 %. Ensuite, les hébergeurs ont désormais une surface financière pour couvrir les risques qu’assumaient les infogéreurs. Par exemple, il y a cinq ans, Interxion affichait un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros environ, il atteint désormais 200 millions d’euros pour une capitalisation boursière d'un milliard d'euros.

* Leader européen de la colocation pour les centres de traitement de données

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