Des portefeuilles immobiliers amoindris outre-Manche

le 14/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Par Stéphanie Salti, à Londres

Le pouvoir d’achat des Britanniques risque à nouveau de diminuer. Alors que le secteur de l’immobilier britannique a enregistré une hausse modeste de 0,3 % en mai comparé à avril - les prix restent en recul de 0,7 % sur une année -, selon l’indice Nationwide, les acheteurs s’apprêtent à devoir payer des charges mensuelles de remboursement plus élevées. Si le taux directeur fixé par la Banque d’Angleterre (BoE) reste inchangé, la hausse des coûts de financement sur les marchés pousse en effet actuellement les banques britanniques à augmenter les taux. Halifax, dans le giron de Lloyds Banking Group, mais aussi Co-Operative Bank, Clydesdale et Yorkshire Banks ont ainsi toutes augmenté leurs prêts à taux variable, ce qui, selon l’organisme de protection des consommateurs Which?, aura pour effet d’accroître les mensualités annuelles des clients par un supplément de quelque 300 millions de livres. Avec respectivement 27,5 % et 13,9 % de part de marché, Lloyds Banking Group (LBG) et Santander, les deux leaders du secteur (ils sont aussi les plus exposés au marché de gros, NDLR) ont également fait savoir début mai qu’ils comptaient mettre un frein à leur production de prêts immobiliers. LBG, qui a d’ores et déjà réduit ses prêts aux particuliers à hauteur de 5 % à 538 milliards de livres au premier trimestre 2012, a l’intention de ramener sa part de marché à 25 % tout en renforçant les dépôts. La banque vise en effet à ramener son ratio de prêts-dépôts à 120 % - comparé à 130 % actuellement - au cours des douze prochains mois. Même situation chez Santander UK, qui a récemment pris la décision de se retirer du secteur des crédits à long terme et des prêts à ratio prêt/valeur élevée.

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