Oddo et SGSS prêts à un accord commercial sur les banques privées

le 09/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Outre l’acquisition de Banque Robeco, la société dirigée par Philippe Oddo signerait un partenariat avec Société Générale Securities Services.

La collection d’activités d’Oddo et Cie s’enrichit. Selon nos informations, sa branche « services » (tenue de compte-conservation, dépositaire et valorisateur d’OPCVM) aurait trouvé un accord d’ordre commercial avec Société Générale. Celui-ci s’adresserait aux acteurs de la gestion et de la banque privées : « un marché potentiel d’environ 500 établissements en France qui, aujourd’hui, soit opèrent eux-mêmes, soit confient leurs opérations à plusieurs acteurs », rapporte un proche du dossier. Les deux maisons combineraient ainsi leurs atouts respectifs : l’expertise d’Oddo Services sur ce segment de clientèle (jusqu’à 200.000 comptes) et la force de frappe de Société Générale Securities Services (SGSS). SGSS a déjà l’expérience de ce genre de partenariats, notamment avec la National Bank of Abu Dhabi ou U.S. Bancorp Fund Services. Cette fois, le périmètre serait franco-français, tandis qu’Oddo s’est implanté au Luxembourg aux côtés du cabinet NGR Consulting (L’Agefi Hebdo du 30 septembre), avec pour premier client UFG-LFP Private Bank Luxembourg, et n’exclut pas de prospecter d’autres pays limitrophes.

« La complémentarité des deux partenaires est réelle, estime un consultant. Avec un tel accord, SGSS se donnerait une ouverture vers une clientèle sur laquelle il est peu présent en France. Face aux clients, Oddo Services pourrait quant à lui proposer des services dont il ne dispose pas en propre, ainsi que la qualité de la signature Société Générale… Pour autant, cela ne garantit pas à l’un et l’autre de gagner des parts de marché. » Oddo Services, auparavant au seul service du groupe, poursuit ainsi sa démarche d’ouverture à des tiers entamée il y a quatre ans. Et pourrait, à moyen terme, favoriser l’activité de banque privée interne. Les deux parties ne souhaitent toutefois pas commenter un éventuel accord.

Croissance externe

« Pour assurer le développement de notre banque privée, nous ne disposons pas de réseau bancaire, rappelle Philippe Oddo, associé-gérant de la compagnie. Nous avons en revanche trois leviers. Nos clients eux-mêmes qui, dans une récente étude, sont 84 % à déclarer être prêts à nous recommander dans leur entourage. La proximité avec notre banque d’affaires qui valorise notamment les sociétés familiales pour les orienter vers des conseils d’optimisation fiscale, de successions, de gestion de patrimoine… et la croissance externe. » Après le rachat de Banque d’Orsay à l’allemand WestLB, finalisé le 30 novembre, Oddo & Cie est entrée en négociation exclusive avec Robeco pour reprendre sa banque privée en France. A la fin du premier trimestre 2011, elle devrait avoir finalisé l’intégration de la première et conclu son opération avec la seconde. Elle aura ainsi porté le total de ses actifs gérés à 5,35 milliards d’euros en banque privée et se sera offert de nouvelles perspectives.

En attendant, la collecte aura été nulle pour la Banque d’Orsay cette année, tandis que Banque Robeco a affiché des pertes sur les deux derniers exercices (jusqu’à -941.190 euros en 2008). « Notre propre banque privée, où nous privilégions les relations avec les clients du groupe plutôt que la recherche de clientèle nouvelle, aura collecté 100 à 150 millions cette année », indique pour sa part Philippe Oddo. Porté par une dizaine de petites acquisitions dans la décennie écoulée, son établissement d’essence familiale (les Oddo détiennent 42 % du capital), qui dispose d’un statut bancaire depuis 2007, a ainsi fini par se dessiner un profil balancé entre banque d’investissement et gestion de capitaux. La banque privée y représente aujourd’hui environ 10 % de l’activité totale et devrait plus ou moins s’y maintenir, les autres métiers progressant également.

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