L’homme clé, Pierre-Yves Dréan, président du directoire de Banque Palatine

« Nous allons apporter notre écot à la réflexion de BPCE »

le 31/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Vendredi 9 heures, au siège social de Banque Palatine. Si le calme prédomine dans les couloirs de l’immeuble de la rue d’Anjou, dans le VIII

earrondissement de Paris, les collaborateurs s’affairent déjà en coulisse. Dans cet ancien hôtel particulier du groupe Schneider & Cie, où par la suite a siégé la banque Rothschild, Pierre-Yves Dréan, patron de la filiale de BPCE depuis décembre dernier, prend ses marques. « L’institution » Palatine lui est toutefois familière. « Ma nomination à la présidence du directoire constitue un retour aux sources », explique-t-il. Car le quinquagénaire d’origine bretonne a fait ses armes dans le milieu des années 80 à la Banque Vernes & Commerciale de Paris (BVCP). Alors nationalisée, cette dernière s’est transformée, suite à plusieurs rapprochements et changements d’actionnaires, pour devenir celle que l’on connaît aujourd’hui (voir le graphique). « J’ai retrouvé certains clients que j’avais connus lorsque j’étais en charge de la clientèle entreprises à la BVCP, raconte le président. C’est un gage de fidélité, qui constitue pour nous un atout important. » Installée à l’époque avenue Hoche, « la banque, qui disposait déjà d’une salle des marchés et d’un pôle de gestion d’actifs, constituait les prémices de ce qu’est devenue Banque Palatine. Celle-ci est aujourd’hui nettement plus structurée », poursuit-il.

Une évolution dans la continuité

Succédant à Daniel Karyotis, appelé à la direction générale de BPCE, le nouvel homme fort de Banque Palatine aura en charge l’élaboration et la mise en place de la nouvelle ligne stratégique. « Au regard de la réussite du plan précédent sur les cinq dernières années, il n’y aura pas de rupture dans la stratégie, mais des inflexions pour s’adapter à l’environnement actuel, confie Pierre-Yves Dréan. Le plan 2008-2012 visait à affirmer le positionnement de la banque auprès des ETI (entreprises de taille intermédiaire que l’établissement situe entre 15 et 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, NDLR) et à développer ce que mon prédécesseur appelait la deuxième jambe, la banque du patrimoine. La banque, qui a trouvé ses marques sur le marché et au sein de BPCE, est en outre revenue à un bon niveau de rentabilité. » Le coefficient d’exploitation (coex) a ainsi été réduit de 84,5 % en 2008 à 62,8 % à fin juin 2012. Alors que l’un des objectifs était de ramener le coex à 60 % à la fin de l’an dernier, « nous nous en rapprochons », relève le président. En outre, si Banque Palatine ambitionnait de transformer 60 % des chefs d'entreprises en clients individuels (contre 20 %, de fait, fin 2007), « ce chiffre devrait avoir atteint 43 %-44 % l’an passé », estime Pierre-Yves Dréan, précisant que les comptes annuels seront publiés en mars.

Pour 2012, « on se dirige vers un léger tassement du produit net bancaire, annonce le nouveau patron. 2011 avait constitué une année exceptionnelle. Banque Palatine a continué l’an dernier à financer l’économie, avec une croissance de l’ordre de 7 % de la production de crédits octroyés à sa clientèle d’entreprises. Les encours de prêts ont progressé de l’ordre de 10 % ». Le produit net bancaire (PNB), qui avoisinait les 200 millions d’euros en 2007, a atteint un niveau record de 303 millions en 2011, soit une croissance de 8 % sur un an. Sur le premier semestre 2012, il s’inscrivait en recul de 7 % à 142 millions d’euros. L’encours de crédit aux entreprises, en hausse de 13 % sur un an, s’élevait à 4,7 milliards à fin juin.

Un plan prévu à l’automne

Le précédent plan sur cinq ans laissera place à un programme quadriennal cette fois, sur la période 2014-2017 : « Un plan 14-18, ce n’est pas idéal... ! L’ensemble des entreprises concernées ramènent actuellement leur plan de cinq à quatre ans », s’amuse le président. Ce programme devrait être annoncé à l’automne. Il sera le fruit d’une introspection commune avec le groupe, qui doit également dévoiler sa nouvelle ligne directionnelle cette année. « Nous allons apporter notre écot à la réflexion de BPCE sur son plan stratégique, qui ne sera pas forcément annoncé en même temps que le nôtre, précise Pierre-Yves Dréan. L’idée est une fertilisation croisée avec le groupe. »

A son actif, le banquier dispose d’une expérience de trente ans au sein du secteur et maîtrise aussi les rouages des Banques Populaires au sein du groupe BPCE. Entré en 1991 en tant que directeur régional de la Banque Populaire de l’Ouest, il y a exercé « tous les métiers de la banque », du développement à la direction générale. Après un passage en 2005 chez I-BP, société informatique du réseau bancaire, il devient directeur général de la Banque Populaire Centre Atlantique en 2009, année de la fusion entre les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ayant donné naissance à BPCE.

Au cours des prochaines années, « nous poursuivrons le développement des synergies avec le groupe », indique le dirigeant. Après avoir basculé en 2010 son activité de monétique sur la plate-forme de Natixis Paiements, puis son éditique chez les Banques Populaires, la Banque Palatine a élaboré l’an passé avec le groupe une plate-forme technique, E Palatine, qui vise à améliorer ses relations clientèle. Par ailleurs, « nous travaillons déjà souvent en synergie avec les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires sur les opérations auprès des ETI en régions », ajoute Pierre-Yves Dréan. Au-delà de ces mises en commun intra-groupe, le renforcement de la Banque des Entreprises et de celle du Patrimoine restera donc au cœur de la stratégie de développement. Au sein du premier pôle notamment, la filiale de BPCE, qui propose un service d’accompagnement de sa clientèle à l’international (principalement au Maghreb et en Asie), entend ainsi renforcer son réseau de partenaires.

Le président a déjà endossé activement ses nouvelles fonctions. « J’ai besoin de bouger et d’être en contact avec les équipes et les clients. Dans le cadre de l’élaboration du prochain plan, je me suis fixé comme objectif préliminaire de rencontrer et d’échanger avec l’ensemble des services d’ici à début février et d’aller dans chacune de nos 52 agences d’ici à mi-avril », annonce cet amateur de course à pied. Le marathon ne fait que commencer.

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