Rencontre avec... Claire Dumas, directeur des risques opérationnels de Société Générale

« Nos pertes liées au risque opérationnel ont été divisées par trois »

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

La décision en appel de Jérôme Kerviel, attendue le 24 octobre, peut-elle avoir un impact sur vos fonds propres ?

Non. Ce qui compte, c’est le renforcement de nos dispositifs de maîtrise des risques et le regard que porte le régulateur sur eux ainsi que sur nos modèles de mesure du besoin en capital. Ces dernières années, nous avons renforcé le contrôle interne, mais nos efforts ont aussi beaucoup porté sur la prévention. Cela passe par un travail de fond sur la sécurité des processus et sur le développement d'une solide culture du risque. Pour cela, nous activons de nombreux leviers : plus de tests sur le sens du risque lors du recrutement, des programmes de formation et de sensibilisation ou la prise en compte de la maîtrise des risques dans les rémunérations.

Votre modèle permet-il de prévoir à quel horizon l’affaire Kerviel n’aura plus d’impact ?

Notre modèle repose à la fois sur notre historique de pertes opérationnelles et sur des « scénarios » censés représenter des chocs extrêmes que nous n'avons pas subis (catastrophes naturelles, gros litiges, etc.). Ceux-ci tiennent compte de notre environnement de contrôle interne et bénéficient par conséquent de son amélioration constante depuis 2008. En revanche, l'impact sur le capital est pour l'instant réduit, les pertes historiques pesant encore assez lourd. Il faut attendre l'effet du temps sur la fréquence d'occurence de ces pertes, qui évolue plus lentement que la baisse de nos pertes : en quatre ans, le capital alloué au risque opérationnel n'a baissé que de 5 % alors que nos pertes étaient divisées par trois, indépendamment de la perte Kerviel.

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