Dossier Réseaux bancaires

Le nombre des points de vente en France est appelé à décroître

le 18/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Plus que la densité des réseaux, le rôle des conseillers va changer. D'ores et déjà, les effectifs baissent.

En Belgique, BNP Paribas va supprimer environ 150 agences d'ici à trois ans, et plus de 10 % des postes en équivalent temps plein (L’AgefiQuotidien du 26 mars). Le groupe pourrait-il procéder de même sur son marché principal ? Sa banque de détail en France a enregistré une baisse de 1,4 % de son produit net bancaire (PNB) entre 2011 et 2012 et d’environ 1 % de son résultat, grâce à la maîtrise de ses frais de gestion… La comparaison s'arrête là tant les deux marchés diffèrent. « En Belgique, le réseau de Fortis est très dense : 938 agences sur 30.000 km², comparé à la France, un pays de 550.000 km² où BNP Paribas dispose de 2.200 agences, relève Bruno de Saint Florent, associé en charge des services financiers chez Oliver Wyman à Paris. De plus, ING a déjà initié un changement de modèle de distribution. BNP Paribas Fortis, qui a la plus importante part de marché (30 %), peut donc réaliser un mouvement important sans risque. Ce ne serait pas le cas en France où BNP Paribas dispose d’une part de marché de 10 % environ. »

Le constat est partagé par Georges Pauget, fondateur

du cabinet Economie Finance et Stratégie : « En Belgique, l’activité de banque de détail est beaucoup moins rentable qu’en France où les rendements se situent entre 17 % et 20 % », mais « pour maintenir la rentabilité de la banque de détail dont le PNB augmente d’environ 1 % dans le contexte actuel, tandis que les charges progressent de 1,5 %, il faut stopper leur progression. Les banques françaises doivent trouver de l’ordre de 500 millions d’euros d’économies par an ». Cette baisse des coûts sera recherchée dans les back-offices, mais aussi dans les agences avec « une reconfiguration de chacune selon les besoins de la clientèle locale », avance l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA. Au moment où la fréquentation des points de vente baisse et que le parc total tend à se stabiliser après un pic d’ouvertures entre 2005 et 2008, Société Générale a ainsi annoncé son intention de fermer « quelques dizaines d'agences au cours des prochaines années ».

Les mutualistes aussi

« Du fait du poids des banques mutualistes dont l’ADN est la proximité, il n’y aura pas de mouvement massif de fermetures, estime Georges Pauget. Toutefois, le remodelage des réseaux et la réduction de leurs effectifs est prévisible. » Société Générale cible les zones urbaines où les agences sont proches les unes des autres « car cela réduit le risque de perte de clients ». D'autant plus quand l’usage des nouvelles technologies est intégré à la relation client. Cette tendance n’exclut pas les mutualistes. Philippe Brassac, secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit Agricole, a ainsi indiqué que des réflexions étaient menées au sein du premier réseau de France en vue du plan à moyen terme de la banque verte, attendu vers la fin d’année. Le nombre d’agences - comme leur rôle - dépendra du modèle de distribution multicanal permis par la « nouvelle informatique commune évolutive » des caisses régionales. « Nous calibrerons le dimensionnement une fois que ce modèle sera clair avec plutôt l'idée de rester en proximité, explique Philippe Brassac. Rien ne dit aujourd'hui que nous serons contraints à un mouvement de repli plutôt que d'expansion. » Les 39 caisses prévoient néanmoins cette année plus de 4.000 départs pour 3.000 recrutements. Dans la branche CM 11-CIC du Crédit Mutuel, le non-remplacement des départs à la retraite a déjà réduit en net les effectifs en 2012, tandis que le nombre d’agences a progressé de 66 (malgré des fermetures CIC). La moindre densité du Crédit Mutuel au centre des grandes villes, notamment à Paris, pourrait finalement conduire à des changements d’enseignes, les banques cotées faisant de la place aux mutualistes…

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