L’avis de… Lotfi Elbarhdadi, directeur en charge de l’assurance chez Standard & Poor’s pour la France et l’Europe du Sud

« Le niveau des taux d’intérêt, une contrainte pour la rentabilité »

le 28/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment jugez-vous les résultats 2012 des assureurs français ?

A part quelques exceptions, les résultats sont plutôt orientés à la hausse. Cette progression s’explique surtout par l’amélioration des marchés financiers. En outre, contrairement à 2011, les compagnies n’ont pas enregistré de dépréciations d’actifs. L’année 2012 est donc plus favorable sur le plan des résultats financiers. En revanche, nous ne constatons pas de redressement concernant les fondamentaux de leurs activités. La menace liée à la faiblesse des taux d’intérêt et à la réduction des marges bénéficiaires reste donc un sujet d’actualité.

Pourquoi les compagnies sont-elles plus attentives à leurs coûts ?

L’assurance reste un marché concurrentiel et les rendements financiers sont soit volatils, soit limités. Ils recherchent donc différents leviers pour améliorer leur rentabilité. Or les hausses tarifaires ont leurs limites. Certains groupes essaient donc de réduire leurs coûts de gestion et d’administration, ce qui peut leur permettre de faire des gains sur le long terme.

Quelles sont vos perspectives pour 2013 ?

Le niveau très bas des taux d’intérêt reste une vraie contrainte pour la rentabilité du secteur. Certes, les assureurs ont encore des placements qui rapportent plus que les taux d’intérêt du marché, d’où d’importantes plus-values obligataires qui ont conduit à une forte amélioration des ratios de solvabilité réglementaire. Ce n’est pas nécessairement l’indication d’un redressement à long terme de la solidité financière. Malgré un redressement en 2012, la solvabilité ajustée du risque reste selon nous une faiblesse relative pour le secteur. Nous restons donc globalement prudents.

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