Un homme, une équipe

Nicolas Chatillon fait naître l’innovation au sein de BPCE

le 05/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Anticiper et innover, c’est la mission de ce jeune manager et de ses spécialistes qui préparent la banque commerciale de demain.

Comment innover dans la banque ? Une question essentielle pour les groupes français pris entre un cadre réglementaire strict et l’arrivée d’acteurs qui bousculent certains métiers traditionnels. Chez BPCE, la tâche a été confiée à Nicolas Chatillon. Ce jeune manager de 36 ans est à la tête de la direction de la coordination qui assume ce rôle de détection des nouvelles tendances. Logée dans le pôle banque commerciale et assurance dirigé par Olivier Klein, l’équipe de Nicolas Chatillon est chargée d’appréhender tous les sujets réglementaires, technologiques, de marché… qui influeront sur le développement de la banque commerciale de chacun des deux réseaux : le rouge, celui des Caisses d’Epargne, et le bleu, celui des Banques Populaires. « Dans les domaines de la banque commerciale qui lui sont dévolus, comme les moyens de paiement ou le développement durable, cette direction de la coordination intervient en amont sur les dossiers métiers pour le compte commun des enseignes Caisse d’Epargne et Banque Populaire, explique-t-il. Notre rôle est notamment de réfléchir et de mettre en perspective les enjeux à moyen et long terme qui auront un impact sur le modèle économique et donc sur la stratégie de développement de nos réseaux. » Une approche stratégique familière à Nicolas Chatillon qui, en tant qu’ancien directeur au secrétariat général de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne, avait eu l’occasion de travailler sur le rapprochement avec les Banques Populaires. Coïncidence, le voici devenu « un violet » au sein de l’organe central de BPCE, après avoir intégré le Parcours Dirigeant des Caisses d’Epargne en 2008.

Pour donner corps aux intenses réflexions sur l’évolution du groupe, Nicolas Chatillon s’appuie sur une équipe de spécialistes. Fabrice Denèle, directeur de la stratégie des moyens de paiement, est à la tête d’une douzaine de personnes qui étudient les évolutions du marché, analysent leurs impacts économiques et préparent l’intégration des innovations dans le quotidien des consommateurs. « Outre la représentation auprès des instances interbancaires françaises et européennes (Groupement Cartes Bancaires, Visa Europe, Swift, Stet, European Payment Council...), nous pilotons l’économie des diverses filières de paiement et mesurons leurs évolutions et leur influence sur les Caisses d’Epargne, les Banques Populaires et les autres filiales du groupe, détaille-t-il. Nous avons par exemple traité le dossier de la baisse des commissions interbancaires et des commissions commerçants suite au rapport Mallié et aux engagements pris par les banques auprès de l’Autorité de la concurrence. »

Attitude volontariste

Une part importante du travail consiste à mener des projets innovants. « Nous avons été leaders sur le sans contact à Nice où les deux réseaux ont diffusé près de 300.000 cartes en un an et demi et équipé en terminaux sans contact 1.200 commerçants, représentant la moitié du parc installé alors que notre part de marché est d’environ 20 %, souligne Fabrice Denèle. De plus, nous lançons une expérimentation de paiement mobile NFC basé sur une carte micro SD à Nice et à Strasbourg où le nombre de points d’acceptation est significatif. Il s’agit de déterminer l’intérêt et l’appétence des clients pour ce mode de paiement. »

Deux autres grands projets seront lancés prochainement : le Sepa Mail, voué à remplacer le TIP (titre interbancaire de paiement), permettra aux clients de recevoir et de payer leurs factures directement via leur interface de banque en ligne. Initié par BPCE il y a trois ans, ce projet débouchera au printemps sur un premier pilote interbancaire. L’autre innovation est la construction d’un système de paiement en ligne sécurisé interopérable, fruit d’un travail commun entre plusieurs banques, et surtout capable de rivaliser avec PayPal et d’autres grands acteurs de l’internet annoncés sur le marché.

Les relations de place sont donc un aspect important des tâches allouées à cette équipe. Edouard Delmon, directeur des affaires générales et des relations de place, suit ainsi les sujets interbancaires et représente BPCE à la Fédération bancaire française sur les sujets de banque commerciale, avec trois collaborateurs. « Notre activité, indique-t-il, comprend la veille, l’analyse des textes ou des projets de réglementation avec des équipes pluridisciplinaires constituées de juristes, de collaborateurs de la conformité, de financiers… afin d’identifier les impacts de chaque mesure sur la banque commerciale. Puis nous élaborons des argumentaires et menons des négociations afin que notre point de vue soit pris en compte. Ensuite, commence la phase pratique. Nous transmettons alors les dossiers aux équipes chargées de la mise en œuvre dans chaque réseau et les accompagnons, en particulier dans l’interprétation. » Sous ces dehors théoriques, le travail en amont recouvre des réalités très concrètes qu’il faut savoir cerner, analyser et exprimer bien avant leur entrée en vigueur. L’intégration des recommandations du rapport Pauget-Constans (juillet 2010), par exemple, a suscité des réponses plus ou moins complexes, notamment lorsqu’elles impliquent des développements informatiques.

Une activité bancaire « verte »

Autre sujet d’avenir, qui touche également à l’évolution des comportements des consommateurs, mais pas seulement : le développement durable qu’Arnaud Berger, à la tête d’une équipe de cinq personnes, est chargé d’intégrer dans l’activité bancaire. « Les banques ne prennent pas toujours en compte l’évolution des clients qui souhaitent donner du sens à leur consommation, estime-t-il. Pourtant, il est nécessaire de l’anticiper et d’accompagner cette nouvelle demande croissante en imaginant, par exemple, des gammes de produits verts, mais aussi en prenant conscience des exigences éthiques des clients à l’égard de leur banque. » Son action vise l’interne : il faut sensibiliser les collaborateurs à ce changement profond et développer un « savoir-être », montrer par des actes concrets, comme la réalisation d’un bilan carbone, que le sujet est important. Elle est aussi externe au sens où il faut imaginer les produits de demain qui intégreront cette notion et prendre part au débat sociétal en développant des relations avec tous les interlocuteurs possibles : Etat, collectivités locales, industriels, associations…

Enfin, la direction de la coordination comprend, avec un rapport plus lointain à sa mission centrale, un département événementiel dirigé par Eliane Evano. Avec ses trois collaborateurs, celle-ci organise tous types de séminaires, conventions, comités de direction, colloques, voyages d’études, congrès et salons multimarques à destination des collaborateurs du groupe mais aussi pour diverses typologies de clientèles. « Depuis la création du groupe BPCE, nous avons organisé près d’une centaine de manifestations, résume-t-elle. Avec mon équipe, je m’occupe autant de la logistique que du contenu des interventions, et je fais en sorte que chacune de ces opérations montre la compétence et la richesse de l’offre de nos réseaux. Enfin, j’interviens aussi comme conseil événementiel auprès des différentes entreprises et filiales du groupe. » Solidement entourés, Nicolas Chatillon et son équipe forment un peu le laboratoire où se bâtit l’avenir de BPCE.

L'équipe

Eliane Evano, 62 ans, directeur de la communication et de l’événementiel

Arnaud Berger, 43 ans, directeur du développement durable

Nicolas Chatillon, 36 ans, directeur de la coordination et des relations de place, pôle banque commerciale et assurance

Edouard Delmon, 47 ans, directeur des affaires générales et des relations de place

Fabrice Denèle, 47 ans, directeur de la stratégie des moyens de paiement

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