L’avis de… Daoud Fakhri, analyste en charge des services financiers chez Datamonitor

« Les nets progrès dans la banque de détail sont significatifs »

le 08/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est votre opinion sur les résultats des banques britanniques en 2011 ?

Ces résultats n’ont fait qu’entériner une tendance préexistante au sein des banques britanniques. L’exposition de HSBC et de Standard Chartered aux économies émergentes leur ont assuré d’excellents résultats financiers. Et dans le cas particulier de HSBC, l’absence de recours au financement de gros lui a permis de garder intacte sa stratégie de développement. Ce qui n’est pas le cas pour les banques nationalisées LBG et RBS, dont les bilans affichent encore de lourdes pertes. Les nets progrès effectués dans la banque de détail sont aussi significatifs : Barclays est par exemple parvenu à améliorer son ratio de dépôts sur prêts à 118 %, comparé à 124 % l’année précédente.

Voyez-vous des signes d’intensification de la concurrence dans leur marché domestique ?

L’augmentation des coûts de financement de gros a provoqué outre-Manche une ruée vers les dépôts et les banques essaient par tous les moyens de gagner des parts de marché sur leurs concurrentes. Certaines banques, à l’image de Natwest, dans le giron de RBS, ont agressivement augmenté leurs taux de ISA’s (comptes d’épargne individuel assortis d’une fiscalité attractive, NDLR) à hauteur de 3,9 %, un taux largement supérieur à ses pairs. Mais cette stratégie peut s’avérer extrêmement coûteuse pour les banques sur le moyen ou long terme, dans la mesure où leur principal objectif est de renforcer leurs niveaux de capitaux. Dans les toutes prochaines années, nous allons assister à un rationnement des prêts aux particuliers, conséquence à la fois d’un financement plus difficile pour les banques mais aussi d’un environnement marqué par une croissance anémique des dépôts, n’excédant pas les 2 % à 3 %.

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