Natixis Assurances à la conquête de nouveaux partenaires

le 24/03/2011 L'AGEFI Hebdo

En manque de débouchés au sein du groupe BPCE, l’assureur vise un triplement de son chiffre d’affaires via les banques privées et les CGPI à horizon 2013.

Natixis Assurances franchit un cap. Pour la première fois de son histoire, la filiale de Natixis a dépassé les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, symbole d’« une année exceptionnelle en termes d’activités », selon Nathalie Broutèle, sa directrice générale. Une réussite à mettre au crédit de son pôle prévoyance (+22 % à 381 millions d’euros), et surtout de l’assurance-vie dont les revenus ont progressé de 28 % à 4,56 milliards d’euros. Si le réseau Banque Populaire, son distributeur historique, réalise toujours plus de 80 % de ses revenus en assurance-vie, l’assureur a pu compter sur la manne issue des réseaux tiers, banques privées et conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), dont les revenus ont progressé en un an de 168 à 832 millions d’euros.

Aller plus loin

De bons augures pour l’avenir alors que, dans le cadre du plan stratégique 2010-2012 de BPCE, la compagnie s’est vu assigner comme objectif de diversifier ses canaux de distribution. Pour ce faire, elle entend mettre les bouchées doubles pour développer son activité auprès des banques privées et des CGPI. Une mission qui incombe à Natixis Assurances Partenaires, émanation de l’ex-Foncier Assurance repris à 100 % par Natixis Assurances début 2010. Cette entité compte déjà plusieurs partenariats à son actif en assurance-vie, dont la Banque Privée 1818, la Banque Delubac & Cie ou encore Banque Palatine. De même, elle s’est rapprochée de cinq ou six plates-formes de CGPI qui distribuent ses offres à destination de la clientèle haut de gamme, pesant aujourd’hui environ 100 millions d’euros de revenus. Des plates-formes dont l’offre est appelée à évoluer, Natixis Assurances souhaitant y référencer prochainement ses offres de prévoyance.

Désormais, l’assureur compte aller plus loin. « Nous voulons nouer d’autres accords avec des banques privées et des plates-formes de CGPI, annonce Nathalie Broutèle. Nous souhaitons tripler notre chiffre d’affaires réalisé au travers de ces réseaux à horizon 2013. Si nous pouvions dégager tous les ans entre 600 et 800 millions d’euros de collecte, ce serait une bonne chose. » La partie est loin d’être gagnée, la directrice générale reconnaissant que « le marché est déjà occupé par la concurrence ». Natixis Assurances a toutefois des atouts dans ses manches. De fait, à l’automne dernier, son partenaire la Banque Privée 1818 a repris auprès de Rothschild et Cie Gestion la plate-forme Sélection R pour la rapprocher de 1818 Partenaires, sa propre structure dédiée aux CGPI. « Nous allons pousser nos pions sur Sélection 1818 car c’est une importante source de débouchés pour nos produits », explique-t-elle.

2015, prochaine étape

La quête de partenaires est d’autant plus cruciale que son développement au sein du groupe BPCE est pour l’heure relativement limité. Certes, Natixis Assurances fournit déjà de l’assurance emprunteur dans les réseaux Caisses d’Epargne, représentant 30 % de son chiffre d’affaires dans cette activité, mais ces dernières restent alimentées par CNP Assurances (dont BPCE est par ailleurs actionnaire) en assurance-vie et par BPCE Assurances, filiale commune avec Macif et Maif, en assurance dommages. Une situation qui ne devrait pas évoluer d’ici à 2015, échéance de ces accords de distribution. En assurance dommages, « il sera temps en 2015 de se reposer les questions industrielles si nécessaires et le groupe se laisse un choix totalement ouvert », avance Nathalie Broutèle. En revanche, en assurance-vie, « la situation est plus complexe et la question stratégique n’est pas urgente », poursuit-elle.

Reste la carte de l’international, Natixis Assurances étant déjà implanté au Luxembourg ainsi qu’au Liban (1 million d’euros en résultat net) et en Tunisie (environ 700.000 euros) via des coentreprises détenues à 34 %. Mais sur ce point également, ses marges de manœuvre sont plutôt étroites. « Nos projets à l’international dépendront de ce que le groupe BPCE veut faire à l’avenir, conclut Nathalie Broutèle. Mais nous avons besoin d’être diversifiés d’un point de vue géographique. »

A lire aussi