My Bank, le paiement en ligne européen enfin sécurisé

le 28/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Depuis 2011, près d’une cinquantaine de banques se préparent à lancer un moyen de paiement via leur espace web clients. En France, seule la Bred y travaille.

Près de cinquante banques européennes participent à My Bank, un nouveau moyen de paiement européen qui a pour but de faciliter et de sécuriser les paiements en ligne. Ce pourrait être une solution efficace contre la fraude sur internet. Surtout, My Bank est simple car la solution repose sur une infrastructure existante et d'origine européenne, proposée par EBA Clearing. L'institution gère d'ailleurs plusieurs systèmes de paiement tels qu’Euro 1 (paiements de gros montants), Step 1 (transactions commerciales unitaires) ou Step 2 (chambre de compensation interbancaire européenne).

Il s’agit d’un dispositif « quatre coins » qui, lors d’une transaction en ligne, est proposé sous forme d’un bouton de paiement sur lequel clique l’internaute désireux de payer son achat. Redirigé vers sa propre banque en ligne, espace sur lequel il s’authentifie comme à son habitude, l’internaute valide le paiement. Cette autorisation est validée par sa banque, qui vérifie que le compte est suffisamment alimenté, et donne ensuite lieu à un virement Sepa* (SCT, Sepa credit transfer) vers le compte du commerçant. Dans un deuxième temps, à partir d’octobre 2013, il devrait également être possible d’établir un mandat pour mettre en place un prélèvement Sepa (SDD, Sepa direct debit). Les coordonnées bancaires ne circulent donc pas sur le web. L'e-commerçant reçoit en temps réel la confirmation de l’autorisation de paiement et peut donc expédier la commande dans la foulée.

Concrètement, le projet est déjà bien avancé. « L’établissement de règles de fonctionnement et de standards techniques est terminé, indique Cyril Dougier, en charge du développement de My Bank en Europe. Un pilote a déjà eu lieu avec succès entre juin et octobre 2012. Un nouveau test a commencé le 25 mars avec onze banques européennes participantes, représentant environ 8 millions d’utilisateurs potentiels. Tous les trois mois, de nouvelles fenêtres d’inscription permettront à de nouvelles banques ou prestataires de services de paiements (PSP) de la zone Sepa d’intégrer la solution. » Neuf banques italiennes ainsi que la BCEE Luxembourg (Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat) et la Bred y participent avec quelques e-commerçants italiens.

Solution économique

Outre la sécurité du paiement et sa facilité pour le consommateur qui reste dans un environnement connu, l’intérêt du dispositif vaut également pour les e-commerçants. « Ils bénéficient d’une confirmation en temps réel de l’autorisation de paiement et pourront avoir un prestataire unique pour la gestion de leurs paiements en ligne pour toute la zone Sepa, estime Cyril Rougier. MyBank étant une solution sécurisée, le commerçant verra les coûts liés à la fraude diminuer, et de manière générale, la solution sera très économique pour les e-commerçants. Les solutions de paiement électronique depuis les comptes bancaires en ligne sont normalement proposées aux commerces et aux consommateurs à des tarifs plutôt modérés qui tournent autour de quelques centimes, quel que soit le montant de la transaction. » A titre d’exemple, iDeal, le moyen de paiement équivalent à MyBank pour les Pays-Bas, où il détient plus de 60 % de parts de marché sur l’e-commerce local, est facturé seulement quelques centimes par transaction. Un coût nettement inférieur à la commission prélevée par PayPal, seul véritable moyen de paiement en ligne alternatif. Par ailleurs, d’autres services pourront enrichir l’offre de My Bank, comme le paiement à la livraison, la vérification de l’identité ou de l’âge du consommateur, la gestion du circuit de remboursement… et le paiement mobile.

Si My Bank a fait l’objet d’un engagement de place dans certains pays comme l’Italie, la Grèce ou le Portugal, la solution n’implique en France que la Bred qui a déjà commencé à commercialiser le dispositif. Néanmoins, My Bank ne peut se développer que si la majorité des banques l’adopte. Or les banques françaises se sont engagées dans Sepamail, une solution similaire mais utilisable uniquement sur le marché domestique. Certaines ont aussi lancé leur propre moyen de paiement en ligne comme Kwixo pour le Crédit Agricole ou S-Money pour BPCE. Néanmoins, un partage est possible entre paiements franco-français via Sepamail et paiements européens avec My Bank. Pour l’heure, rien n’est décidé mais il faudra de bons arguments pour pousser d’autres banques françaises à rejoindre le dispositif. 

*Single Euro Payments Area.

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