Dossier Location longue durée

Des motorisations plus sages pour les véhicules de fonction

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Moins puissants mais mieux équipés, les véhicules affectés aux cadres bancaires jouent la carte de la réduction d’émissions de C02.

Avec un parc estimé à un peu moins de 30.000 unités, essentiellement géré en location longue durée (LLD), la flotte automobile des banques françaises est restée stable ces dernières années, avec toujours une forte proportion de marques françaises. Pas de changement non plus sur le profil des bénéficiaires et les modèles. Les cadres dirigeants roulent toujours en berline C5, Laguna ou 508, plus rarement en monospace C4 Picasso ou Scénic. Les collaborateurs itinérants se voient, eux, affectés des modèles de type Mégane, C4 ou 308. Sur les véhicules de statut, la réflexion des banques s’effectue toujours dans l'optique d'un complément de salaire, comme l’explique Laurent Hauducoeur, directeur associé de Cogecar, cabinet de conseil en gestion de parc automobile. « Elles raisonnent encore en termes de prix remisé car cela leur permet de valoriser de manière relativement simple l’avantage pour le dirigeant. A l'inverse, pour les autres collaborateurs, les banques privilégient une approche liée au coût total de détention (TCO) qui inclut le financement, mais aussi les postes variables comme la maintenance, les pneumatiques, les assurances, le carburant et la valeur de revente du véhicule. » Pour trouver le principal changement dans les politiques d’attribution, il faut en fait se plonger sous le capot des voitures. En quelques années, la taxe sur les véhicules de société (TVS) a en effet quasiment doublé sur les grosses motorisations. Pour limiter ses effets, les banques n’ont pas hésité à restreindre la puissance des véhicules et à privilégier des modèles moins gourmands, avec des moteurs de 1,5 ou 1,6 litre et 110 chevaux, et des taux d'émission de CO2 inférieurs à 140 grammes. « Cette modification de la fiscalité a finalement été bénéfique pour les banques, observe Laurent Hauducoeur. En engageant une vraie réflexion autour de la politique d'attribution des véhicules en fonction du taux d’émission de C02, elles ont réduit de 10 % à 15 % leur TCO et diminué de moitié leur TVS. » *

Les prémices de l’autopartage

Pour compenser cette perte de puissance des véhicules, les banques privilégient désormais des modèles qui intègrent tous les équipements de confort et de sécurité : système de navigation, climatisation… On commence aussi à voir apparaître les premières expériences d'autopartage. Au Crédit Agricole Normandie, les treize membres du comité de direction sont les seuls à disposer d’une voiture de fonction personnelle, les 35 autres véhicules sont partagés par les 2.000 salariés. « Il y a sept ans, nous avions fortement réduit notre parc pour des raisons financières, confie Gilles Cortaix, secrétaire général. Lorsque nous avons engagé en 2009 une démarche sur le développement durable et la sécurité de nos collaborateurs, nous avons à nouveau augmenté notre parc à travers ce 'pool' de voitures partagées implantées sur nos trois principaux sites. » Un système de réservation Resavel a été déployé sur l’intranet avec des résultats plus qu'encourageants. Le pool est en effet utilisé à 90 %, avec un taux de covoiturage qui devrait bientôt atteindre deux passagers par voiture. Toujours dans cette optique de développement durable et de sécurité, la DRH est sur le point de signer un partenariat qui permettra aux grands conducteurs de se familiariser à l'éco-conduite sur un circuit automobile de la région…

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