Rencontre avec... Hakan Enver, directeur des opérations au cabinet de recrutement Morgan McKinley

« Le moindre recrutement nécessite un solide dossier »

le 26/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment qualifieriez-vous l’état de l’emploi dans la City ?

Au cours des dernières semaines, nous avons assisté à la publication d’un certain nombre d’indicateurs macroéconomiques très positifs au Royaume-Uni qui ont dynamisé la confiance. Ce sentiment a naturellement des répercussions dans le secteur de l’emploi. Et même si le mois d’août a enregistré un faible repli du nombre des offres sur le marché, nous nous attendons à un rebond dès septembre. Les niveaux d’emploi que l’on a connus en 2007 ne sont évidemment plus d’actualité mais les banques, et les établissements financiers, en général, ne vont pas pour autant cesser d’embaucher : les banques ont besoin d’avoir du sang neuf et de recruter des managers en provenance d’autres banques, de manière à se nourrir des pratiques de l’industrie.

De quelle manière les structures de rémunération ont-elles évolué ?

Depuis ces deux dernières années, les salaires ont été en augmentation constante. A l’inverse, la culture des bonus, conséquence d’une réglementation drastique, a subi une vraie transformation dont ont pris conscience les salariés. Selon l’une de nos études récentes, seuls 2 % des salariés interrogés déclaraient lier leur volonté de changer d’emploi à la perspective d’un bonus plus élevé.

Quels ont été les grands changements en matière de recrutement au cours de ces dernières années ?

Même s’il est variable en fonction des établissements financiers, le temps de recrutement s’est considérablement allongé. Il faut aujourd’hui parfois compter entre trois et douze mois pour des postes très seniors, comparé à quelques semaines avant la crise. Le nombre d’entretiens s’est multiplié aussi bien pour les postes permanents que pour les consultants extérieurs, tandis que le nombre de signatures hiérarchiques nécessaires à la validation d’un nouveau poste a fortement augmenté : on compte pas moins de trois signatures pour un poste en front-office et jusqu’à huit pour un poste de back-office, alors que trois auraient largement suffi par le passé. Désormais, le moindre recrutement nécessite un solide dossier pour aboutir.

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