Les modèles internes « core Tier 1 » mis en cause

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Après s'être intéressés au numérateur du ratio de solvabilité des banques, le montant du capital, les régulateurs se soucient du dénominateur, le calcul des actifs pondérés du risque (RWA). Au-delà du modèle de calcul standard proposé par le Comité de Bâle, les établissements bancaires peuvent utiliser des modèles internes à partir de leur historique de risques de crédit. « Le RWA va ainsi représenter 20 % ou 30 % du total de bilan dans les banques du nord de l’Europe, 60 % à 80 % dans certaines banques du Sud », relève Thibault Douard, analyste-gérant chez Tikehau IM. De nombreux observateurs estiment ainsi, comme le montrent le rapport Liikanen ou le Conseil de stabilité financière (FSB), qu'un même risque est susceptible de faire l'objet de pondérations trop différentes. Le groupe de travail du FSB a élaboré plusieurs formats de reporting qui permettraient d'améliorer les choses, par exemple en fournissant le détail du calcul des actifs pondérés par types de classes d'actifs et de modèles, avec des « planchers » standards. « Certains établissements (anglo-saxons, NDLR) prônent un retour au ratio de levier simple, avec pour conséquences de probables sorties d’actifs du bilan à destination d’autres investisseurs institutionnels », rappelle Emmanuel Dooseman, associé chez Mazars. Le Comité de Bâle relève aussi des différences sensibles entre la mesure du risque de marché et le montant des actifs totaux de trading, et demande plus de transparence. « Les changements de calcul de 'Value-at-Risk' (VaR) posent en effet des problèmes dans les environnements 'stressés', c'est pourquoi des approches complémentaires ont été mises en œuvre », confirme Emmanuel Dooseman.

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