Mobilisation pour les collectivités

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Prêter aux collectivités coûtera cher en liquidités sous Bâle III. Pour continuer à servir les exécutifs locaux, les caisses régionales du Crédit Agricole ont dû trouver une parade. Elles vont garder 20 % des créances nouvelles dans leur bilan et transférer le reste à Crédit Agricole Assurances via un fonds commun de titrisation. L’opération lancée fin juin est très encadrée : les collectivités avaient deux semaines et demie pour souscrire un prêt à taux fixe sur 15 ans dans une enveloppe plafonnée à 1,875 milliard d’euros. « Nous ne nous adressons pas aux collectivités notées qui peuvent accéder directement au marché obligataire, mais à celles de taille moyenne qui ont besoin de prêts de 5 à 50 millions d’euros », explique Olivier Gavalda (photo), responsable du pôle caisses régionales chez CASA. Notre taux a été fixé à 4,72 %, soit le niveau du marché. » Celui-ci est porté par les fonds débloqués par la Caisse des dépôts (CDC) - 2 milliards d’euros plus 3 milliards en juillet - pour pallier le retrait partiel des banques.

« Au premier semestre, notre production atteint 1 milliard d’euros environ, y compris 200 millions venant de l’enveloppe de la CDC, indique Olivier Gavalda. Cette année, nous pensons prêter 3,5 milliards à moyen-long terme. » Les caisses s’engageront finalement pour moins de 2 milliards d’euros (environ la moitié de la production 2011), une fois soustrait 1,5 milliard transféré à CA Assurances. « Cette première opération équivaut à moins de 1 % de notre fonds euros, pointe Jérôme Grivet, directeur général de CA Assurances. Si c’est un succès, nous pourrions envisager une autre tranche d’ici à fin 2012. » Selon de bons connaisseurs du secteur, les Caisses d’Epargne et le Crédit Foncier réfléchissent à des solutions similaires avec l’aide d’autres entités du groupe BPCE.

A lire aussi