Microfinance et Bourse

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Une institution de microfinance (IMF) peut-elle entrer en Bourse ? Quelques-unes l’ont fait, comme l’indienne SKS en juillet 2010, en pleine crise de surendettement dans la province de l’Andhra Pradesh, ce qui a suscité des questions. Mais elle avait été précédée en 2007 par Compartamos, une importante IMF qui s’était d’ailleurs transformée en établissement bancaire. Un choix que réprouve Muhammad Yunus (photo) lui-même, considérant que la présence d’actionnaires pousse l’organisation à faire du profit et revient à pratiquer l’usure, c’est-à-dire à exercer des taux d’intérêt élevés non plus pour couvrir les frais opérationnels liés au crédit, mais pour produire des bénéfices. La question est d’ordre éthique : peut-on faire du profit sur le dos des pauvres ? A l’opposé, certains opérateurs de la microfinance considèrent que l’introduction en Bourse n’est qu’un moyen de se financer pour des IMF dont le statut juridique et le cadre réglementaire local peuvent les priver de recourir à l’épargne. En outre, qu’une IMF gagne de l’argent est aussi un gage de pérennité si elle est capable de couvrir ses coûts, forcément plus élevés que ceux du crédit classique en raison de l’indispensable accompagnement des emprunteurs. En revanche, ils mettent en avant la primauté de la mission sociale garantie par une gouvernance claire et par une croissance maîtrisée.

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