L'avis de... Nicolas Taufflieb, principal chez Roland Berger consulting

« Mettre en mouvement l’organisation dans une logique de rupture »

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelle importance l’efficacité opérationnelle a-t-elle en 2011 ?

La croissance du produit net bancaire étant de plus en plus difficile à trouver, il faut des leviers pour abaisser le coefficient d’exploitation. Or, cette année, les groupes bancaires qui ont lancé un plan d’efficacité opérationnelle pendant la crise doivent à la fois concrétiser les éléments de transformation courte et enclencher les approches longues pour sécuriser l’atteinte des objectifs et le financement des investissements requis.

Quels sont leurs leviers ?

Le maître-mot est « mutualisation ». Toutes les activités sont potentiellement couvertes, dans le cadre d’un portefeuille diversifié d’initiatives. Cela nécessite de mettre en mouvement l’organisation dans une logique de rupture, légitimée par une forte impulsion de la direction générale... A l’image des constructeurs automobiles qui ont standardisé tout ce qui ne se voit pas dans un véhicule, les banques doivent s’interroger sur le coût caché de la complexité et la simplification du modèle opérationnel pour accompagner les logiques de mutualisation.

Peut-on comparer le plan de BPCE à celui de Société Générale ?

Le contexte de départ, l’historique, ainsi que les structures et la gouvernance sont différents : dans un groupe mutualiste, avec des banques de plein exercice, l’organe central impulse, coordonne le changement et favorise l’émulation interne qui s’avère efficace dans ce type d’environnement. Par ailleurs, les approches de mutualisation sont progressives, d’abord dans des logiques de massification (achats, par exemple), pour évoluer vers un modèle producteur-distributeur cohérent avec les valeurs coopératives.

A lire aussi